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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 18 juin 2019

Le surtourisme a-t-il tué le plaisir du voyage?

Publié le

De nombreux alpinistes font la file avant d'atteindre le sommet de l'Everest.
Un embouteillage monstre s'est créé au sommet de l'Everest tant les alpinistes étaient nombreux.   Photo : Associated Press / Nirmal Purja/@Nimsdai Project Possible

Selon Rodolphe Christin, le tourisme de masse a creusé les inégalités dans le monde, et son empreinte écologique a atteint des proportions exagérées. Paul Arsenault, lui, croit qu'il est élitiste et méprisant de culpabiliser les voyageurs qui désirent voir les merveilles du monde. En compagnie de Pierre-Luc Côté, aventurier, et de Caroline Moireau, globe-trotteuse, le sociologue et le professeur en tourisme discutent avec Stéphan Bureau de l'existence ou non d'un tourisme excessif.

Paul Arsenault nie le concept même du surtourisme, arguant que ce n’est pas parce qu’un endroit déborde de touristes à un moment donné qu’il s’y passe quelque chose d’anormal. « C’est un peu ridicule de parler d’un problème qui serait permanent, affirme-t-il. C’est un peu comme faire ses courses au Carrefour Laval la veille de Noël. Il y a du monde, [mais] ce n’est pas parce qu’il y a un problème de commerce à Laval. […] La planète est en train de croître. C’est un problème d’humanité. »

Si on diminue de moitié le nombre de Canadiens qui vont à Cuba, le pays va s’effondrer.

Paul Arsenault

Consensus fissuré

« Il y a une inégalité dans la relation touristique, déclare Rodolphe Christin. Des gens ont un excédent budgétaire qui leur permet des visiter des gens beaucoup plus pauvres qu’eux, même en consommant allégrement, parce que [le coût de] la vie est moins chère dans les pays du Sud que dans les pays du Nord. […] Le consensus touristique est en train de se fissurer. On est en train de prendre conscience que le tourisme est une industrie comme les autres, et qu’il faut réfléchir à ses conséquences écologiques, économiques et sociales. »

La fin de l'inconnu

« On dirait que le tourisme force les gens à vouloir faire ce que l’autre a fait, déplore Pierre-Luc Côté. Malheureusement, l’Everest va demeurer la montagne la plus haute et sera probablement de plus en plus populaire. […] Il y a une espèce de débat éthique à savoir [si] on devrait arrêter d’aller dans des endroits parce que ça menace l’environnement et la vie des gens. Avec les moyens de transport qui se développent et l’accessibilité à l’information, il y a de moins en moins de coins reculés. »

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