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Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h

La frugalité politique de Lucien Bouchard

Le dirigeant est vu gesticulant lors d'une conférence de presse.

Lucien Bouchard, en décembre 2000, alors qu'il est toujours premier ministre du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Clément Allard

« J'ai fait ce que j'ai pu avec mon bagage. Dans l'ensemble, il n'y a pas eu de quoi écrire à sa mère. » Point de fausse modestie de la part de Lucien Bouchard, qui pose un regard sans complaisance sur ses années au pouvoir en tant que premier ministre du Québec (1996-2001). Il revient aussi sur l'échec référendaire de 1995, sa plus grande déception professionnelle. Et il règle ses comptes avec un archevêque particulièrement frondeur.

Durant ce deuxième entretien avec Stéphan Bureau, l’ex-premier ministre du Québec raconte comment il est finalement arrivé à se détacher de la politique pour redevenir un simple avocat.

Des relations difficiles

Jacques Parizeau et Lucien Bouchard étaient les ténors du camp du oui lors de la campagne référendaire de 1995.

Le premier ministre Jacques Parizeau en compagnie de Lucien Bouchard, alors chef du Bloc québécois (octobre 1994).

Le premier ministre Jacques Parizeau en compagnie de Lucien Bouchard, alors chef du Bloc québécois en octobre 1994 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

À l’époque, le bloquiste Bouchard était le chef de l’opposition officielle à Ottawa. Il se remettait à peine de l'amputation de sa jambe gauche.

Il a rapidement été propulsé à l’avant-scène de la campagne référendaire, repoussant quelque peu Jacques Parizeau dans l’ombre. Ses relations avec le premier ministre Parizeau ont été généralement compliquées. « Il y avait un mélange d’émotion, de déception parfois, de mécontentement de part et d’autre », admet-il.

S’incliner pour mieux rebondir

Le jour du référendum, tous les espoirs étaient permis. Des sondages montraient le oui en tête. « La planète nous regardait, raconte Lucien Bouchard. Quand je me suis levé le lundi matin [30 octobre 1995], si j’éprouvais une tension, c’était celle de vivre un moment historique et d’en avoir été un acteur. »

Toutefois, le résultat attendu ne s’est pas concrétisé et le non l’a emporté de justesse avec 50,58 % des voix.

La quête référendaire battant de l’aile, Lucien Bouchard a estimé que son avenir politique était en train de se rétrécir fortement. Il a tout de suite planifié de quitter son poste à Ottawa dans les mois qui ont suivi cette défaite. Toutefois, la démission de Jacques Parizeau, le lendemain du scrutin, l’a exposé à une tout autre réalité : la suite de son histoire allait s’écrire à Québec.

Les portes s’ouvrent

Accueilli sans opposition au sein du Parti québécois (PQ), Lucien Bouchard s’est rapidement mis au travail comme premier ministre du Québec. Le piteux état des finances publiques l’a forcé à mener la province sur le chemin de l’austérité.

Il raconte avoir été piqué au vif par la déclaration de l’archevêque de Québec de l’époque, Mgr Maurice Couture, qui était monté en chaire pour dénoncer le fait que le premier ministre du Québec touchait une pension de député fédéral. « J’ai trouvé ça tellement bas et petit, alors que je vivais comme un pauvre gars. »

Catholique affirmé, Lucien Bouchard ne pouvait composer avec l’idée de se faire dépeindre par l’Église comme un premier ministre profiteur. La pension a été annulée.

« Je peux vous dire que mes conditions financières étaient particulièrement épouvantables. J’ai dormi dans mon bureau tout le temps que j’ai été là. Pendant ce temps, l’archevêque dormait dans son palais épiscopal, si vous me permettez. »

Lucien Bouchard parle et Pauline Marois l'écoute.

Pauline Marois a été ministre de la Santé dans le gouvernement de Lucien Bouchard.

Photo : La Presse canadienne / ADRIAN WYLD

Un conservateur d’institutions

Ne donnant pas dans la vantardise, Lucien Bouchard souligne que le programme social du PQ, à l’époque, a permis de bonifier le réseau des garderies et de doter la province de politiques familiales enviables.

« Je suis pour les institutions. Elles nous protègent contre le fascisme, contre l’anarchie, contre les idéologies et contre le désordre. Ça prend du temps à les créer. Alors, je suis un conservateur d’institutions. »

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