•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h

Lucien Bouchard : les implications très personnelles de la vie politique

Lucien Bouchard parle aux journalistes.

Lucien Bouchard

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

« Un politicien qui ne peut engager un dialogue avec la population n'ira pas loin. » Lucien Bouchard a vite compris la nécessité d'établir ce lien s'il voulait se démarquer en tant qu'élu. Le premier ministre du Québec de 1996 à 2001 a aussi appris, à ses dépens, que le pouvoir pèse souvent lourd sur les épaules d'un serviteur public.

La responsabilité d’un élu envers les électeurs demeure de la plus haute importance aux yeux de Lucien Bouchard. En 2001, le politicien fils de camionneur a parlé de cette facette pour justifier son départ de la politique, déçu de n’avoir pu réaliser la souveraineté du Québec.

L’opposition dans son propre camp

La dynamique qui s’opérait avec les instances de sa formation politique, le Parti québécois, était devenue intenable, selon lui.

Le Parti québécois est assez dur avec ses chefs. Regardez comment se sont terminées toutes les carrières des chefs du parti. Ces instances, c’était mon opposition, pas mal plus que les libéraux à la chambre parlementaire.

Lucien Bouchard

L’état de ses relations familiales, qu’il souhaitait améliorer, a aussi précipité sa décision de retourner à la pratique du droit.

Une amitié qui en prend pour son rhume

Ainsi, Lucien Bouchard a mis un terme à une carrière politique qui avait débuté en 1988, auprès de son vieil ami, le conservateur Brian Mulroney.

Mulroney et Bouchard étaient amis depuis l’université, à la faculté de droit. « On était comme des frères, on se racontait tout », relate-t-il.

Les trois personnes saluent et applaudissent.

Brian Mulroney et Lucien Bouchard lors de la campagne électorale fédérale de 1988.

Photo : La Presse canadienne / JAQUES BOISSINOT

Quelques décennies plus tard, en 1990, cette amitié avec Mulroney a éclaté en morceaux. Le natif de Saint-Cœur-de-Marie a quitté le parti de son copain Brian, et siégé en tant que député indépendant.

Des ruptures qui marquent

Dès lors, Lucien Bouchard a saisi quel était le prix personnel à payer en politique. « C’est une rupture qui a fait mal. Je me suis retrouvé seul à Ottawa, banni. J’allais à pied au parlement, sous les regards mécontents des gens. »

Sur le plan politique, il évoque plus tard l’échec de l’entente constitutionnelle du lac Meech, en 1990. « Si [l'accord du lac] Meech avait été adopté, la situation qu’on connaît aurait été complètement renversée. Il n’y aurait pas eu de référendum en 1995. Les changements auraient été énormes. »

Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont

Jacques Parizeau (à gauche), Lucien Bouchard (au centre) et Mario Dumont (à droite) (archives).

Photo : Reuters / Shaun Best

Changer ses plans

Celui qui a aussi été ambassadeur du Canada en France répète aujourd’hui qu’un politicien demeure à la merci des événements.

La maladie qui s’est attaquée à lui en 1994 le lui a fait réaliser brutalement. Un streptocoque l’a obligé à tout arrêter alors qu’il était chef du Bloc québécois, à Ottawa. Non seulement a-t-on dû lui amputer la jambe gauche, mais il a aussi frôlé la mort.

On n’est plus tout à fait la même personne lorsqu’on est amputé. J’ai eu quelques moments de découragement, mais rapidement je l’ai perçu comme un défi. Je me suis dit que ça ne m’arrêterait pas. Non, j’irais même plus loin.

Lucien Bouchard

Un reportage de l'émission Découverte sur les défis de la réadaptation après une amputation

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi