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Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h

Les artistes des minorités doivent-ils prendre la parole contre l’intolérance?

Claude Legault présente son ami Didier Lucien avec les deux mains.

Didier Lucien et Claude Legault à l'émission Bonsoir Bonsoir

Photo : La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Sujet de reproches pour avoir décliné l'invitation à s'exprimer sur la question du racisme alors qu'il était porte-parole des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, Didier Lucien n'a pas aimé qu'on choisisse ainsi son rôle à sa place. Florent Vollant rappelle qu'un artiste n'a pas toujours la compétence ni l'envie de militer publiquement. Pascale Drevillon estime pour sa part que sa simple présence dans une production est un acte politique. Ces artistes noir, autochtone et trans parlent à Stéphan Bureau de l'importance de garder une liberté artistique.

Pour Didier Lucien, il importe d’aborder des questions délicates comme le racisme de la bonne façon. Il a horreur que les nuances de ses propos se perdent lors d’entrevues trop expéditives.

Ce n’est pas vrai que je vais parler de [racisme] en une minute. Je ne peux pas parler de ça, et après, faire : "OK, à la fête nationale, ça va être le fun, parce que…" Ça n’entre pas du tout dans le même narratif. […] C’est me mettre en boîte; ça aussi, c’est une autre affaire avec laquelle j’ai beaucoup de difficulté. Un truc important comme ça [nécessite] une réflexion.

Didier Lucien

Malaise

Florent Vollant évoque un certain inconfort devant la soudaine curiosité des journalistes à propos d’un phénomène aussi vieux que le racisme systémique : « Ce n’est pas quelque chose qui m’impressionne; c’est quelque chose que je connais depuis que je suis enfant. Peut-être que, dans les médias, on en parle de plus en plus, […] mais c’est quelque chose qui existe [dans] toutes les époques. »

Devoir tacite

Pascale Drevillon sent pour sa part la responsabilité de représenter la communauté trans. « L’invisibilisation des personnes trans et non binaires et notre absence des médias […] n’est pas juste une vieille mauvaise habitude, c’est un projet politique, dit-elle. Ça permet à certains de conserver leur statut, même quand c’est problématique. »

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