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Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h

L’envers du décor de nos appareils électroniques

Un gros plan sur la main d'un homme en train de placer un processeur sur la carte mère d'un ordinateur à l'aide d'une petite pince en métal.

L'utilisation de métaux rares dans les appareils électroniques présente beaucoup d'avantages, mais a aussi des conséquences importantes sur l'environnement.

Photo : iStock / D-Keine

Nous sommes tous, que nous le voulions ou non, de grands consommateurs de métaux rares. Contrairement à ce que leur nom indique, ceux-ci ne sont pas si rares et se retrouvent dans de nombreux produits que l'on consomme partout dans le monde, que ce soit dans les téléphones intelligents, les voitures électriques, certains des électroménagers et même dans les ampoules DEL. Comme en témoignent Guillaume Pitron, journaliste spécialiste des matières premières et Cynthia Morinville, étudiante au doctorat à l'Université de Toronto, notre consommation de ces métaux rares entraîne d'importantes conséquences géopolitiques, environnementales et sociales.

Guillaume Pitron, qui est l’auteur de La guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique, explique que presque tous les pays occidentaux pourraient extraire sur leurs territoires ces métaux rares, indispensables pour les technologies vertes et numériques. Or, puisque la pollution générée par ces activités minières est extrêmement importante, les Occidentaux ont préféré fermer ces mines et usines pour ne pas porter le fardeau de cette pollution. « Tout ce qui s’est fermé dans une partie du monde s’est automatiquement rouvert dans une autre partie du monde, dans des pays pauvres, avec des réglementations environnementales moindres. »

C’est de l’hypocrisie totale, car nous avons fermé toutes ces activités polluantes en relevant nos exigences environnementales, mais de l’autre côté, toute cette pollution, nous l’avons délocalisée.

Guillaume Pitron, journaliste et auteur

De son côté, Cynthia Morinville explique qu’au Québec comme dans la majorité des pays occidentaux, ces terres et métaux rares sont très peu ou mal recyclés. « On va avoir besoin encore plus de ces minéraux dans les années à venir et une grande quantité [de ceux-ci] se trouvent déjà dans nos appareils, qui souvent se trouve dans de vieux tiroirs ou des boîtes à chaussures et dont on ne sait pas trop quoi en faire. » Une grande partie de ces minéraux dont on aurait besoin se trouve donc malheureusement dans nos déchets. Comme l’explique la doctorante, qui a effectué des recherches sur le terrain, au Ghana et en Inde notamment, il existe une expertise du recyclage des déchets électroniques dans ces pays qui est malheureusement peu reconnue, car encore très informelle.

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