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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 14 août 2019

Yves Jacques : « J’ai été un faux jeton »

Publié le

Yves Jacques au micro de Stéphan Bureau.
Yves Jacques   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

En pleine semaine de la Fierté, l'acteur se souvient avec regret de s'être lui-même moqué des homosexuels dans le souci d'être accepté par son entourage. Homme des prises de conscience tardives, il avoue avoir eu peine à accepter sa propre sensibilité et ses origines aisées, et avoir négligé sa vie sentimentale. Yves Jacques raconte aussi à Stéphan Bureau la fois où il a été en prison pour avoir fait du mime.

« J’ai acheté la paix dans ma jeunesse, parce que je ne me sentais pas au diapason avec mes camarades, autant pour ma sexualité que pour bien d’autres choses, évoque le comédien. Je ne voulais pas être en conflit. […] J’ai eu longtemps peur de me faire casser la gueule parce que j’étais gai. »

C’est terrible. Je faisais rire les camarades. J’ai même ri d’homosexuels pour que moi, je ne sois pas… J’ai été un faux jeton. Pour être dans le groupe, dans la mouvance. […] C’est pour ça qu’à un moment donné, le coming out a été très important pour moi.

Yves Jacques

L’importance de la Fierté

À quelques jours de sa participation au défilé de la Fierté à Montréal, il rend hommage au militant LGBT Laurent McCutcheon, mort le 4 juillet. Il considère important que les politiciens participent eux aussi à la Fierté, à l’heure de la montée de l’extrême droite et de la haine sur les réseaux sociaux.

Forcier et la boucle bouclée

Son rôle du frère Marie-Victorin dans Les fleurs oubliées, d’André Forcier, le ramène à ses débuts, dans les années 1970. C’est à cette époque, alors qu’il chantait dans le groupe Slick and The Outlags, que le réalisateur lui a d’abord proposé de jouer.

J’étais un peu délinquant. J’ai fait de la prison à Québec pour avoir fait du mime sur la rue Saint-Jean. Emprisonné pour mime pendant une nuit! Je suis fier de ça.

Yves Jacques

Marié au métier

Abordant son aversion pour la sentimentalité, il avoue n’avoir connu le chagrin d’amour qu’à 45 ans et ne penser au couple que lorsqu’il ne travaille pas.

Les enfants? Il ne regrette pas de ne pas en avoir eu : « C’est curieux, on dit que les homosexuels sont narcissiques, qu’ils s’aiment entre eux et tout ça, mais il y a quand même quelque chose de narcissique à se voir dans son enfant et à vouloir qu’il soit un peu la suite de soi-même. […] Je suis content de savoir qu’il n’y aura pas d’autres Yves Jacques après. Dieu merci. »

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