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Stéphan Bureau
Audio fil du lundi 5 août 2019

Les Hikikomori, ces gens qui se cloîtrent et renoncent au monde

Publié le

Un Japonaise de 55 ans ayant fait le choix de s'isoler du reste du monde.
On les appelle les Hikikomori, un terme qui signifie « se retrancher » face à la pression sociale ou familiale.   Photo : Getty Images / Kazuhiro Nogi

« Les gens se réfugient dans leur chambre et ne communiquent plus », explique Emmanuel Stip, psychiatre et chercheur au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), à propos des Hikikomori. Ils seraient 613 000 au Japon, pays où le phénomène est observé depuis les années 1990. Ce terme désigne toute personne en réclusion qui ne va pas au travail ou à l'école, qui n'a quasiment aucun contact avec les gens en dehors des membres de sa famille et qui reste cloîtrée chez elle pendant six mois ou plus. Avec la sociologue Valérie Harvey, Emmanuel Stip analyse ce phénomène, qui n'est plus unique au Japon.

Observé dans l'empire du Soleil-Levant il y a déjà quelques décennies, le phénomène des Hikikomori se manifeste maintenant dans d’autres pays asiatiques, en Europe, aux États-Unis, ainsi qu’au Canada et au Québec, selon Emmanuel Stip.

Sans établir un lien de causalité directe entre l'isolement total et la pratique des jeux vidéo, le chercheur du CHUM précise que les cas qui ont été observés au Canada et au Québec concernaient surtout des gens qui étaient en situation de cyberdépendance.

Cela dit, Emmanuel Stip ajoute que le phénomène des personnes qui décident de se retirer du monde n’est pas nouveau. C’est le caractère excessif des Hikikomori qui est inquiétant.

Ça devient tellement excessif. Et surtout, ce qui compte, c’est la rupture avec le lien social. Ils ne sont plus capables d’avoir des amis. Ils ne s’intéressent plus à ça. Ils arrêtent l’école, ils arrêtent le travail; il y a une rupture dans la société. Alors, dans ce sens-là, ça n’intéresse pas seulement les sociologues, ça intéresse aussi les psychiatres.

Emmanuel Stip, psychiatre et chercheur au CHUM

Valérie Harvey note de son côté que les Hikikomori ne sont pas uniquement des jeunes. Le phénomène touche aussi de nombreux adultes qui ont au-delà de 40 ans. Par ailleurs, la sociologue déplore les nombreuses « thérapies mal venues », où l’on tente de tirer de force la personne de sa chambre.

« C’est horrible. Les études tendent à démontrer que finalement, la personne va revenir encore plus effrayée du monde extérieur », souligne-t-elle.

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