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Stéphan Bureau
Audio fil du jeudi 1 août 2019

Les cours de francisation, un défi à la fois pour les professeurs et pour les immigrants

Publié le

Les trois invités participent à la discussion sur la francisation des immigrants.
Catherine Bédard-Nadeau, Maude Fauteux et André Ho participent à la discussion.   Photo : Radio-Canada / Pascal Michaud

Au moment où des mesures viennent d'être annoncées par Québec pour améliorer les services de francisation offerts aux nouveaux arrivants, Stéphan Bureau saisit la balle au bond et reçoit Maude Fauteux et Catherine Bédard-Nadeau, enseignantes en francisation, pour en connaître davantage sur leur réalité et les défis qu'elles rencontrent. André Ho, un Montréalais d'origine chinoise dont les parents ont immigré à Montréal, se joint à la discussion.

D’entrée de jeu, Maude Fauteux et Catherine Bédard-Nadeau concèdent qu’elles doivent bien souvent partir de la base avec la clientèle très hétérogène qui se retrouve dans leur classe de 15 à 30 élèves. L’utilisation des pictogrammes est de mise, disent-elles. Et puisque les deux professeures ne disposent d’aucun interprète, la gestuelle devient très importante.

« C’est vraiment les gestes. On va utiliser beaucoup de mimiques, d’expressions faciales. On va utiliser Google Images. […] Avec l’image, c’est plus universel », explique Catherine Bédard-Nadeau.

Parfois une source de frustration

Bien souvent, racontent les deux professeures, certains élèves qui souhaiteraient pratiquer leur français après les cours de francisation se butent à des difficultés avec certains locuteurs francophones.

« Je pense que c’est une source de frustration, d’autant plus quand ils sortent de la salle de classe et qu’ils essaient de parler français, et qu’on leur répond en anglais, parce qu’ils s’expriment dans un français approximatif », note Maude Fauteux.

Ils vont venir me voir après et me dire : "Hier, j’ai essayé de parler français avec un locuteur francophone, un Québécois, et il a perdu patience."

Maude Fauteux, professeure en francisation

À ce sujet, les deux professeures sont catégoriques : la population québécoise devrait être plus patiente avec les immigrants qui s’établissent dans leur quartier, car l’apprentissage d’une langue n’est pas une mince affaire, spécialement le français.

André Ho abonde dans le même sens. Il faut être indulgent avec les nouveaux arrivants, plaide celui dont les parents, qui sont arrivés en 1981 au pays, n’ont jamais réussi à apprendre le français. En revanche, l’homme de 36 ans maîtrise parfaitement la langue de Molière aujourd’hui.

Selon André Ho, l’apprentissage du français doit d'ailleurs s’inscrire dans la durée, à travers un long processus. « Apprendre le français en tant qu’immigrant, c’est une question de générations. Ça prend une génération, deux générations pour que la famille soit francisée. Et je dirais même que ça va au même rythme que la création des nouvelles racines à la terre d’accueil. Ce n’est pas instantané. »

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