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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 31 juillet 2019

L’incroyable vitalité des petites municipalités

Publié le

Vue sur une petite municipalité du Québec
Les petites municipalités québécoises font face à de nombreux défis.   Photo : iStock

« Régulièrement, il y a ce discours fataliste qui nous revient, et qui prédit la fermeture des villages. Il faut éviter aujourd'hui le discours misérabiliste des études des années 1960 et 1970, et considérer le potentiel de développement qui existe dans les régions et les petites communautés », plaide Bernard Vachon, professeur retraité spécialisé en développement local. Olivier Brière, coordonnateur de la Corporation de développement socioéconomique de Saint-Camille, en Estrie, et Guillaume Molaison, président-directeur général de l'Auberge Chic-Chac, à Murdochville, sont du même avis : les milieux dits « dévitalisés », destinés à une soi-disant fermeture, peuvent très bien tirer leur épingle du jeu et rester en vie.

Selon Olivier Brière, Bernard Vachon et Guillaume Molaison, les récentes conclusions du président de la firme de consultants Groupe Ambition, qui prédisait la fermeture de quelque 200 municipalités québécoises d’ici 2025, doivent être prises avec un grain de sel.

Certes, certaines petites municipalités de la Belle Province connaissent un problème démographique ou des difficultés financières, mais il ne faut pas généraliser cet état de fait à tous les petits milieux.

Dans sa longue carrière, Bernard Vachon dit avoir assisté à de nombreuses reprises à la mort annoncée de certaines petites municipalités. Les milieux dits « dévitalisés » affichent cependant une résistance étonnante, constate celui qui s’est établi à Saint-Mathieu-de-Rioux, près de Trois-Pistoles, en 1979, à une époque où les autorités et les médias parlaient justement de cet endroit comme d’un milieu « dévitalisé ».

Malgré le caractère fragile [de certaines municipalités], il y a une vitalité sociale, une vitalité entrepreneuriale et culturelle qui font en sorte que les milieux résistent.

Bernard Vachon, professeur retraité spécialisé en développement local

La renaissance de Murdochville

Guillaume Molaison fait partie de ceux qui ont résisté et qui ont fait renaître un milieu qui était promis à une « mort certaine », en l’occurrence l’ex-petite ville mono-industrielle de Murdochville, en Gaspésie.

Un adepte de motoneige gravit une pente enneigée à Murdochville.
Murdochville est devenue une destination de niche pour les sports d'hiver.   Photo : Emie Jacques

« À Murdochville, on était condamnés, puis le spectre de fermeture nous a suivis quand même plusieurs années », note le président-directeur général de l'Auberge Chic-Chac, qui a cru il y a quelques années au potentiel récréotouristique de la région.

Aujourd'hui, Murdochville est une destination de choix au Québec pour les amateurs de sports d’hiver.

Ici, il tombe 8 mètres de neige par année, et on a de très belles montagnes à proximité du parc national de la Gaspésie. C’est de mettre en valeur nos produits qui nous sont propres, des produits du terroir locaux ou touristiques. Et nous, on sentait qu’il y avait une tendance au niveau du développement des sports d’hiver. Et Murdochville nous permettait de nous établir à très faible coût dans un paradis d’aventure.

Guillaume Molaison, président-directeur général de l'Auberge Chic-Chac

Olivier Brière, lui aussi, a résisté au discours qui voulait que la municipalité de Saint-Camille fût destinée à une baisse démographique inéluctable.

« Je me souviens quand je me suis établi au milieu des années 2000 à Saint-Camille, en Estrie. On était 450 habitants. L’Institut de la statistique du Québec venait tout juste de sortir des chiffres qui prévoyaient une baisse démographique de 9 % d’ici 2031 dans la MRC des Sources. […] Finalement, on a fait mentir les chiffres », se réjouit-il.

Concrètement, la municipalité, les instances locales, les organisations et les citoyens se sont donné l'objectif d’accroître la population de 10 % en 10 ans. « Aujourd’hui, l’accroissement démographique se chiffre à 16 % », affirme le coordonnateur de la Corporation de développement socioéconomique de Saint-Camille, où demeurent aujourd’hui 525 personnes.

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