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Stéphan Bureau
Audio fil du lundi 22 juillet 2019

L’aide médicale à mourir, trois ans après son autorisation

Publié le

Un patient alité dans une chambre d'hôpital tient la main d'une autre personne.
L'aide médicale à mourir suscite de nombreux débats au Canada et au Québec.   Photo : iStock

L'aide médicale à mourir est autorisée par la loi depuis décembre 2015 au Québec, et depuis juillet 2016 partout au Canada. Aujourd'hui, cette pratique donne du fil à retordre aux législateurs et ne fait pas l'unanimité au sein du corps médical. Trois ans après l'autorisation de l'aide médicale à mourir, comment se portent ses principaux acteurs? Pour en discuter, Stéphan Bureau reçoit Pierre Vachon, dont le conjoint a reçu l'aide médicale à mourir en mars dernier, la Dre Yolande Dubé, médecin ophtalmologiste au CHU de Québec et professeure titulaire de clinique à la Faculté de médecine de l'Université Laval, le Dr Georges L'Espérance, neurochirurgien et président de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD), et le Dr François Marquis, intensiviste à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Pierre Vachon est ex-animateur à ICI Musique. Il a accompagné François, son mari pendant 26 ans, à l’aide médicale à mourir, avec leurs trois enfants.

Pour lui, c'était un geste ultime d’amour. L’image qu’il laissait aux enfants, à moi, à sa famille, à ses parents, sa sœur et tout, était une image de lucidité et de luminosité, et non pas une image de quelqu’un qui tombe dans le coma, dans la confusion.

Pierre Vachon

La famille a préparé le deuil pendant un an, et un psychologue l’a accompagnée pour apprivoiser la mort, mais « quand ça arrive, rien ne nous prépare à ça », raconte Pierre Vachon.

L’ophtalmologiste Yolande Dubé a commencé à faire de l’accompagnement et de l’aide médicale à mourir en 2016 parce qu’on le lui a demandé, car seuls 2 médecins sur près de 1500 au CHU de Québec la pratiquaient. Président de l’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD), le Dr Georges L’Espérance constate que cette aide médicale est parfois bloquée dans « certains milieux urbains ». Le Dr François Marquis, intensiviste à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, fait parfois face à l’objection de conscience de plusieurs professionnels de la santé pour l’aide médicale à mourir.

La Dre Yolande Dubé a dû prendre un congé après avoir réalisé beaucoup d’aide médicale à mourir. « C’est très émotif pour le médecin, et pour la famille, et pour tout le personnel soignant, affirme celle qui croit à ce soin. J’ai découvert une autre grandeur de la médecine. »

Un homme, une femme et un autre homme sont devant un micro.
L'ex-animateur Pierre Vachon, la Dre Yolande Dubé et le Dr François Marquis Photo : Radio-Canada/Ronald Georges

Avec le temps et l’expérience, le Dr François Marquis et la Dre Yolande Dubé s'entendent sur une chose : on ne s’habitue pas à prodiguer l’aide à mourir, même si l’opération comme telle devient plus facile.

Le Québec a fait un immense progrès en adoptant la loi, il y a trois ans, mais la Dre Yolande Dubé a l’impression qu’un recul a lieu aujourd’hui, puisque seulement 7 maisons de soins palliatifs sur 32 offrent l’aide médicale à mourir. Par ailleurs, le Dr François Marquis soutient que cette aide pourrait être bonifiée dans le réseau.

« Il y a encore du chemin à faire », conclut le Dr Georges L’Espérance.

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