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La musique, un précieux exutoire dans les camps de réfugiés

Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h
(en rediffusion le samedi suivant à 5 h)

La musique, un précieux exutoire dans les camps de réfugiés

Audio fil du vendredi 5 juillet 2019
Un rappeur en prestation dans un camp de réfugiés en Ouganda.

Le rappeur Baddy Bwoy s'exécute dans le camp de Kyriandongo, à Bweyale, en Ouganda.

Photo : Renaud Philippe

« Ce qui frappe le plus, c'est l'oisiveté forcée. [...] Les occasions de briser ce cycle d'attente sont quand même assez rares. » Jean-Baptiste Hervé et Renaud Philippe ont passé une semaine dans un camp de réfugiés à Bweyale, en Ouganda, avec une famille venue du Soudan du Sud. Les deux journalistes expliquent à Stéphan Bureau que de faire de la musique à l'intérieur d'un camp devient un combat pour l'identité et la culture, qu'il s'agisse de rap ou de chants religieux. Ils nous font entendre des extraits qui nous transportent parmi ces réfugiés.

« On a eu la bonne idée d’apporter, Renaud et moi, une petite caisse de son Bluetooth, raconte Jean-Baptiste Hervé. On est en compagnie de Coco et de Taidor. On est dans une petite maison de thé à l’intérieur du camp, on déguste le thé, je pars le beat et ils font une improvisation, après deux ou trois coupes de thé. Le contexte est assez fabuleux. Cet endroit où il y a le salon de thé, on [y] est retournés plusieurs fois; […] il se passait quelque chose, à ce moment-là. C’est dans l’esprit du hip-hop, aussi, [de faire] quelque chose de totalement improvisé. »

La musique est partout. […] Il aurait fallu qu’on y passe un mois, deux mois, six mois… La parole se délie lentement.

Jean-Baptiste Hervé

Un message au-delà de la musique

« Il y a, dans le discours de tous ceux avec qui l'on a passé du temps, un message très clair, affirme Renaud Philippe. On parle beaucoup du passé, on parle beaucoup de la situation au Soudan du Sud, on parle beaucoup de la vie de réfugié… Ça dépasse le plaisir de faire de la musique. Il y a des prises de position, un désir, aussi, de partager [son] histoire. Je pense que quiconque vit de l’injustice a conscience de cette injustice. […] Il y a un désir de mettre au jour les disparités, et la musique, c’est clairement leur façon de dénoncer leur situation. »

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