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Alimentation : la part de marketing dans les dates de péremption

Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h
(en rediffusion le samedi suivant à 5 h)

Alimentation : la part de marketing dans les dates de péremption

Audio fil du mercredi 3 juillet 2019
Des étalages remplis de fruits et de légumes.

Des aliments dans un supermarché

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

La date limite de consommation indiquée sur les emballages des aliments vendus au supermarché est rarement indicative du moment auquel ces derniers sont réellement impropres à être mangés. Selon Jordan Lebel, plusieurs acteurs de la chaîne alimentaire ont intérêt à ce que la durée de vie affichée d'un produit soit plus courte que sa période réelle de fraîcheur. Le professeur de marketing explique à Stéphan Bureau que le premier souci des marchés d'alimentation est la circulation des stocks.

« Les gens qui pensent que l’épicerie, c’est encore une question d’alimentation, changez votre [perception]. C’est une question d’immobilier, et donc il faut que la [marchandise] tourne, indique Jordan Lebel. Des dates de péremption un peu [prématurées], ça fait un peu l’affaire de certains joueurs dans l’industrie alimentaire. »

Question d’allure

« Un fabricant de chocolat ne voudra peut-être pas que son chocolat soit vendu après la date officielle "meilleur avant", parce qu’on pourrait y voir apparaître des petits picots blancs, poursuit-il. Les petits picots blancs ne changent absolument rien, vous pouvez le consommer, ce n’est pas la fin du monde. Le fabricant va [cependant] vouloir jouer de prudence et l’épicier va vouloir que le stock tourne. Donc, dans le cas d’un [produit] qui arrive près de la date de péremption, on a des ententes avec les distributeurs. […] Le distributeur va reprendre le stock non vendu, donc, l’épicier n’y perd pas nécessairement. Ces stocks-là, lorsqu’ils sont propres à la consommation, vont pouvoir être donnés à des organismes de charité. C’est très organisé. »

Des lois et des jeunes entreprises

Pour contrer le gaspillage alimentaire, M. Lebel cite en exemple une loi adoptée par la France qui interdit de détruire des aliments qui sont encore comestibles. « On ne s’est pas donné ces moyens-là, encore, ici », déplore-t-il.

Pour l’heure, il constate que ce sont surtout les petites et moyennes entreprises, de même que les jeunes pousses qui mènent la charge contre le gaspillage de denrées alimentaires.

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