Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Stéphan Bureau
Audio fil du lundi 1 juillet 2019

Boris Cyrulnik et la résilience de romanciers célèbres

Publié le

Un homme avec des lunettes et portant un foulard regarde la caméra.
Le neuropsychiatre et écrivain français Boris Cyrulnik   Photo : Getty Images / LUDOVIC MARIN

Le neuropsychiatre et écrivain français Boris Cyrulnik est bien connu pour avoir développé le concept de la résilience, ce phénomène qui démontre qu'un être humain peut surmonter les pires traumatismes s'il a été sécurisé lors des tout premiers mois de ce genre de situations. Dans son nouveau livre, La nuit, j'écrirai des soleils, publié aux Éditions Odile Jacob, il propose de faire un tour d'horizon de certains grands romanciers du 19e et du 20e siècle, et de réfléchir à la manière dont ils ont pu s'évader de leurs souffrances par l'écriture et par la fiction. Victor Hugo, Jean Genet, Jean-Paul Sartre et George Sand ont tous vécu la perte d'un parent durant leur enfance, un événement tragique qui n'est pas étranger à Boris Cyrulnik.

« Si un enfant avait tout, s’il était gavé, il n’aurait aucune raison de faire l’effort de créer, tandis que le manque contraint à la créativité, et dans ce cas, on reprend une aventure humaine parfois intéressante. C’est la définition de la résilience », explique le neuropsychiatre.

L’écriture est un travail qui permet de faire vivre sur le papier un autre monde que celui du traumatisme, c’est-à-dire que la plupart des écrivains prennent un trauma, une situation d’horreur, une situation difficile, et la remanient en en faisant une représentation, une fiction, une pièce de théâtre, un film ou un essai philosophique. Dans ce cas-là, ils changent non pas l’horreur du réel, mais la représentation du coup [subi dans la réalité], donc ils souffrent moins.

Boris Cyrulnik

Pour Boris Cyrulnik, la souffrance et l’angoisse ne sont pas des maladies, mais des éléments de la condition humaine. Alors, le destin de l’humain est-il irrémédiablement écrit à partir du traumatisme? « La résilience est possible tant que le cerveau n’est pas éteint. Or, un traumatisme éteint le cerveau. [...] Si le blessé est sécurisé, tout doucement, à son rythme, les couleurs réapparaissent, le cerveau se remet à travailler et là, il faut parler pour donner sens au malheur qui nous est arrivé. D’où la nécessité de la parole écrite, qui n’a pas la même fonction que la parole parlée », affirme le neuropsychiatre.

Enfin, celui qui regarde avec une certaine inquiétude l'état actuel du monde dénonce le succès des totalitarismes, dont plusieurs dictateurs sont élus démocratiquement à la tête de leur pays. « Le slogan arrête la pensée, mais on récite les slogans pour être bien ensemble. C’est pour ça que les dictateurs sont élus souvent », dit-il.

Chargement en cours