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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 14 août 2019

Les conséquences ravageuses du suicide d’un patient pour un soignant

Publié le

Un lit d'hôpital vide.
Pour un spécialiste de la santé, la mort d'un patient en raison d'un suicide peut provoquer un sentiment d'échec, de la tristesse, de la culpabilité et de la honte.   Photo : iStock / Bunwit

« J'étais sur le choc, je n'avais pas vu venir. » Marie-Ève Cotton se souvient de la commotion causée par le suicide d'une de ses patientes hospitalisée, enceinte et mère de deux enfants, il y a quelques années. Elle se rappelle avoir eu un sentiment d'échec et connu la tristesse, la culpabilité et la honte. La psychiatre explique à Stéphan Bureau que pour un professionnel de la santé, un tel événement signale la fin de l'utopie de pouvoir sauver tout un chacun.

Ça voulait dire deux morts, et deux orphelins de mère, et je trouvais que ça ressemblait à un bilan de guerre.

Marie-Ève Cotton

Malaise et bienveillance

Ayant anticipé la colère des proches de la jeune femme, la psychiatre a eu la surprise de ne rencontrer rien de tel. « J’avais l’impression que ces gens-là nous avaient confié leur fille, qui avait une maladie mentale sérieuse, et qu’on l’avait échappée. Alors, c’était très, très inconfortable, dit-elle. Après que je leur ai dit que j’aurais donc voulu être capable d’empêcher ça, son père m’a dit, avec beaucoup de bienveillance : "Je le sais, mais vous n’êtes pas Dieu, et il y a juste Dieu qui décide quand quelqu’un meurt." »

Questions sans réponses

Depuis ce temps, Marie-Ève Cotton est plus nerveuse lorsqu’elle reçoit des appels professionnels la nuit. Des pensées intrusives l’ont longtemps talonnée : « Est-ce que j’aurais pu lui dire ou faire quelque chose pour empêcher ça? Qu’est-ce qui s’est passé dans sa tête pour qu’elle décide de passer à l’acte à ce moment-là précis? Pourquoi n’ai-je pas été capable de lui communiquer l’espoir qu’elle finirait par aller mieux? Ces questions-là, qui restent sans réponses, c’est le lot de la plupart des gens qui ont eu des relations personnelles ou professionnelles avec des personnes suicidées. »

Pour contacter la ligne québécoise de prévention du suicide, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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