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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 24 juillet 2019

Le traumatisme incessant des enfants nés du viol

Publié le

Un enfant étreint sa mère pendant qu'elle pleure.
Les enfants nés du viol risquent davantage de souffrir d’abandon, de négligence et d’abus psychologique.   Photo : iStock

Les femmes qui mettent au monde un enfant issu d'un viol voient en leur progéniture un rappel du drame qu'elles ont vécu, et risquent de projeter sur cette dernière leur peur ou leur colère. Les enfants nés du viol ont pour leur part un plus grand risque d'abandon, de négligence et d'abus psychologique, et vivent des difficultés identitaires en plus d'être élevés par une mère souffrante. Marie-Ève Cotton, psychiatre, explique à Stéphan Bureau que les familles nées du viol vivent sous le signe de l'ambivalence.

« Elles peuvent avoir l’impression d’avoir une partie de l’agresseur à l’intérieur d’elles, dit Marie-Ève Cotton au sujet des futures mères. Elles sont aussi à risque d’un trouble de stress post-traumatique et de tentatives de suicide. Il y en a qui vont gérer leurs émotions avec de l’alcool et des drogues, ce qui, évidemment, peut être dommageable pour le fœtus. Durant les 24 premières heures après l’accouchement, elles sont plus à risque d’infanticide, c’est-à-dire de tuer leur bébé. »

Au Rwanda, les enfants nés du viol du génocide sont désignés par un mot en kinyarwanda qui veut dire : ceux qui rappellent l’horreur.

Marie-Ève Cotton

Le choc de la vérité

« Quand les enfants du viol apprennent la vérité sur leur conception, évidemment, c’est un choc, souligne la psychiatre. Il y en a qui ressentent beaucoup de honte. Il y en a qui se sentent coupables d’être nés. […] Pour certains enfants, c’est un soulagement d’apprendre la vérité, en particulier si ça leur permet de comprendre les comportements de leur mère envers eux. »

Parler pour aider à comprendre

Des études confirment qu’il est préférable, pour une mère ayant subi un viol, de dévoiler ce drame à l’enfant qui en est né. « La plupart du temps, ça les rapproche, indique Marie-Ève Cotton. Ça aide leur lien, parce que justement, ça permet de comprendre l’ambivalence et de ne pas nécessairement l’attribuer à quelque chose que les enfants ont fait. »

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