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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 10 juillet 2019

Les contrecoups inattendus du contact avec la souffrance humaine

Publié le

Un travailleur vêtu d'une combinaison orange déambulent dans les décombres d'un bâtiment après une catastrophe.
Une équipe de secours sur les lieux d'une catastrophe   Photo : iStock

Les aidants naturels, les travailleurs du système de santé, du système judiciaire et des services sociaux, de même que les travailleurs humanitaires risquent de voir leur empathie usée, voire atrophiée à force d'être exposés aux drames. Être témoin de telles épreuves peut même déclencher un traumatisme vicariant, un choc aussi fort que si on avait vécu le drame soi-même. Marie-Ève Cotton, psychiatre, explique à Stéphan Bureau que la surcharge de travail et le déni peuvent contribuer à une telle escalade.

« Les gens vont dire, par exemple : "Je ne sais pas ce que j’ai, tout m’affecte, tout me rentre dedans, j’ai l’impression que je n’ai plus de frontières par rapport aux autres", indique la spécialiste. Ensuite, il y a une sorte d’épuisement qui s’installe; les gens se sentent vidés, dévitalisés, plus capables de donner quoi que ce soit. L’idée de devoir aider quelqu’un leur semble de plus en plus lourde et au-dessus de leurs forces. […] Ils prennent de la distance, se désinvestissent par rapport aux autres. »

Dangereuse impuissance

« Ceux qui s’occupent de gens souffrants qui ne s’améliorent pas beaucoup – par exemple, les employés de CHSLD – sont plus à risque que les autres, précise Marie-Ève Cotton. D’ailleurs, dans les cas d’abus dans les CHSLD qu’on voit passer périodiquement dans l’actualité, il y a probablement de la fatigue de compassion d’impliquée, entre autres choses. »

Des limites comme bouclier

Pour s’en protéger, la psychiatre recommande de prendre des pauses, de savoir mettre ses limites au travail, d’organiser des rencontres entre collègues et de demander de l’aide psychologique si nécessaire. Elle incite également les employeurs à mieux superviser leurs employés et à les valoriser.

« Il faut aussi ajouter plus de légèreté, de plaisir et d’humour dans notre vie et développer un réseau social soutenant pour contrebalancer, ajoute-t-elle. Quand on côtoie le tragique, l’humour, ce n’est pas une option. Pour moi, c’est fondamental. »

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