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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 26 juin 2019

Les effets pervers de l’industrie du bonheur

Publié le

Un homme d'affaires dont la tête est redessinée pour ressembler à un « bonhomme sourire ».
Au lieu de se sentir obligé d'être heureux, il faudrait d'abord s'assurer que nos souffrances soient entendues, vécues et légitimées, dit la psychiatre Marie-Ève Cotton.   Photo : iStock

Le lucratif écosystème des livres, des conférenciers, des conseillers, des magazines et des blogues consacrés à la croissance personnelle peut créer, dans le public, une sorte d'obligation au bonheur, une culpabilité quant aux sentiments négatifs ainsi qu'une pression de la performance, selon Marie-Ève Cotton. La psychiatre explique à Stéphan Bureau qu'avant de disparaître, une souffrance doit d'abord être entendue et légitimée.

D’un point de vue strictement scientifique, l’efficacité de la pensée positive est loin d’avoir été démontrée. « Il y a même des études qui montrent que les gens constamment joyeux et hyperpositifs, lorsqu’ils font face à une épreuve grave dans la vie, ont plus de chances de faire une dépression », souligne Marie-Ève Cotton.

Bienvenue en « happycratie »

La fétichisation du bonheur de notre « happycratie » peut également diminuer l’empathie et ouvrir la porte à la médicalisation du mal-être.

Si on établit que le bonheur est la chose la plus importante dans la vie et que l’humain serait capable de gérer ses émotions de façon stratégique, eh bien, le mal de vivre est un signe de manque de volonté, d’une personne dysfonctionnelle, ou peut-être même d’une vie ratée.

Marie-Ève Cotton

Des messages à entendre

La psychiatre s’inquiète enfin que le souci du bonheur porte atteinte à notre lucidité. « Toutes les émotions nous informent de quelque chose, affirme-t-elle. Ce sont des messages qui nous disent ce qui se passe en dedans de nous, qui nous sommes vraiment, ce que nous voulons, à quoi nous sommes sensibles et où nous sommes blessés. Ce sont aussi des messages qui nous disent ce qui se passe autour de nous, parce que c’est une de nos façons d’appréhender le monde. »

« Toutes les émotions sont utiles, conclut la spécialiste. Il y en a qui sont plus souffrantes que d’autres, mais il n’y en a pas de mauvaise en soi. »

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