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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 13 décembre 2018

Marguerite Duras, une vie d’écriture

Publié le

Marguerite Duras, lunettes noires et cigarettes, à la cour de Paris, en 1966
L'écrivaine Marguerite Duras en 1966, à Paris   Photo : Getty Images / / AFP

« Elle a laissé derrière elle une œuvre monumentale; des romans [et] des pièces de théâtre, beaucoup. Elle faisait aussi du journalisme à sa façon. [Elle a fait] plusieurs films hors-norme. Ses livres ont été traduits dans 35 pays. C'était une des voix les plus novatrices du 20e siècle en littérature », affirme l'auteure et journaliste littéraire Danielle Laurin au sujet de Marguerite Duras, dont elle raconte la vie et l'importance de l'œuvre.

Née Marguerite Donnadieu à Gia Dinh (en banlieue de Saïgon), en Indochine, en 1914 et morte à Paris en 1996, l’auteure connaitra la consécration en 1984 lorsqu’elle obtiendra le prix Goncourt pour L’amant, dans lequel elle racontera sa jeunesse en Asie.

Son père meurt en 1921, laissant dans le deuil sa mère et les trois enfants. Ruinée, cette dernière sombre peu à peu dans la folie.

À 18 ans, Marguerite Duras entre à Paris afin de poursuivre ses études. Elle obtient une licence en droit et travaille deux ans au ministère des Colonies. Elle rencontre l’écrivain Robert Antelme, et les deux unissent leur vie en 1939. Ils vivent dans un appartement de la rue Saint-Benoît, à Saint-Germain-des-Prés, où défilent toutes sortes d’intellectuels et d’écrivains.

Ses deux premiers romans, Les impudents et La vie tranquille, sont publiés durant la guerre. C’est là qu’elle adopte son nom de plume, Duras, étant le nom d’une localité où son père avait une maison. Ses premières œuvres sont des romans psychologiques.

Le succès

Marguerite Duras rencontre le véritable succès en 1950 avec Un barrage contre le Pacifique, et surtout en 1958, grâce à Moderato cantabile.

Elle délaisse la psychologie et épure son style, qui se caractérise par des phrases courtes et l’emploi du conditionnel et du « vous ».

Duras, c’est le désir, l’absolu, la passion, la folie, l’incommunicabilité, la mémoire, l’oubli, la mort. [Son œuvre] tourne toujours autour de [cet univers].

Danielle Laurin, auteure et journaliste littéraire

Le cinéma

En 1959, Marguerite Duras signe le scénario d’Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais, un film marquant qui fait scandale au Festival de Cannes.

C’est un film subversif qui connaît un succès, et qui fait en sorte que Duras aura encore une plus grande reconnaissance […]. Elle développe cet art du dialogue et reprend cela ensuite dans ses livres, au théâtre et au cinéma.

Danielle Laurin, auteure et journaliste littéraire

Par la suite, en panne d’écriture et insatisfaite des adaptations de ses romans au cinéma, elle se tourne vers la réalisation.

La consécration et son héritage

En 1984, L’amant devient un immense succès populaire et récolte le prix Goncourt. Marguerite Duras a 70 ans.

L’amant et le Goncourt ont fait de Marguerite Duras l’une des écrivains les plus lus, à l’époque.

Danielle Laurin, auteure et journaliste littéraire

Plus de 20 ans après la mort de l’auteure, l'œuvre de Marguerite Duras lui survit. Duras est jouée au théâtre et étudiée dans les universités. Ses livres sont réédités, et son œuvre fait partie de la prestigieuse maison d’édition La Pléiade.

En France, Marguerite Duras a influencé les écrivaines Christine Angot, Camille Laurens et Annie Ernaux. Au Québec, Louise Dupré, Denise Desautels et Nelly Arcan ont été marquées par sa plume.

Danielle Laurin, Duras, l’impossible, Québec Amérique, 2014.
Danielle Laurin et al., Lettres à Marguerite Duras, Varia, 2006.

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