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La politique pacifiste d’Hitler de l’avant-guerre

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

La politique pacifiste d’Hitler de l’avant-guerre

Un homme moustachu se tient devant une tribune et deux micros.

Adolf Hitler en 1936.

Photo : Associated Press

En 1936, Adolf Hitler accordait une rare entrevue à un quotidien étranger, Paris-Soir. Le chancelier allemand condensait en quelques paragraphes une politique internationale de plus en plus agressive, et du même souffle, des paroles de paix qui apaisaient les Européens. L'historien Carl Bouchard raconte comment cette entrevue a marqué les esprits dans ce contexte particulier d'entre-deux-guerres.

Hitler prend le pouvoir en janvier 1933 et il quitte en octobre la Conférence du désarmement et la Société des Nations (SDN). Dès 1934, il soumet la société allemande au pouvoir national-socialiste en interdisant les autres partis politiques. Bref, Adolf Hitler remet en question le traité de Versailles et remilitarise l’Allemagne en 1935.

Ces gestes commencent à montrer que l’Allemagne ne suivra plus le trajet qu’elle suit depuis la fin de la Première Guerre mondiale.

Carl Bouchard, historien

L’entrevue de Paris-Soir

Fondé à Paris en 1923, Paris-Soir est un quotidien à grand tirage, très anticommuniste, qui souhaite un rapprochement franco-allemand contre le communisme.

La journaliste Titayna (Élisabeth Sauvy), l’une des seules grandes reporters de l’époque, commence l’entrevue avec le chancelier en parlant de pacifisme. La réponse du führer est habile : « Il y a deux sens au mot pacifisme. Il n’a pas la même valeur en France que chez nous. Nous ne pouvons reconnaître un pacifisme qui signifierait un arrêt du droit de vivre. Pour nous, le pacifisme ne peut s’établir que sur la notion humaine que chaque peuple a le droit de vivre. Je dis vivre, et non végéter. Qui veut établir la paix doit connaître d’abord le droit des peuples. Cela dit, il n’y a pas un Allemand qui désire la guerre. La dernière nous a coûté deux millions d’hommes, nous a laissé sept millions et demi de mutilés et de malades; même si nous avions été vainqueurs, aucune victoire ne valait ce prix-là. »

Astucieusement, Hitler évoque le souvenir de la guerre en tablant sur une fraternité franco-allemande; il associe la paix à la justice et s’exprime sur l’autodétermination des peuples.

Le message réel d’Hitler

En vérité, Adolf Hitler exprime une politique agressive. Il affirme que « l’humanité comprend des peuples plus ou moins doués. Parmi ceux que les qualités devraient favoriser, il en est dont l’existence matérielle est restreinte, tandis que d’autres plus primitifs ont à leur disposition de vastes territoires non exploités. Je place parmi les premiers les peuples européens. À ce point de vue, je pense que nous, Européens, constituons une famille parfois divisée, mais unie quand même par un intérêt commun ».

Il soutient donc une politique coloniale impérialiste pour l’Allemagne, en rappelant que les Français et les Britanniques le font déjà. Résultat : bien des Français et des Britanniques sont d’accord avec ses propos.

Il flatte le sentiment de supériorité des Européens.

Carl Bouchard, historien

Au printemps 1938, plus personne ne croit la politique pacifiste d’Adolf Hitler, et celui-ci obtient, grâce aux accords de Munich, l'annexion de la région des Sudètes en Tchécoslovaquie.

La Deuxième Guerre mondiale commence en 1939 lorsque l’Allemagne envahit la Pologne. La suite fait partie de l’histoire.

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