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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 19 décembre 2016

Nelson Mandela, apôtre de la désobéissance civile

Publié le

Le 27 juillet 1991, le président cubain Fidel Castro et Nelson Mandela se rencontrent dans le cadre de la célébration du « jour de la révolution » à Matanzas, à Cuba.
Le 27 juillet 1991, le président cubain Fidel Castro et Nelson Mandela se rencontrent dans le cadre de la célébration du « jour de la révolution » à Matanzas, à Cuba.   Photo : Associated Press

Après 27 ans passés derrière les barreaux, Nelson Mandela, figure légendaire de la lutte pour les droits de la personne en Afrique du Sud, a obtenu par la négociation l'abandon du système de l'apartheid dans son pays. Cet homme rassembleur et intègre a marqué la journaliste Lucie Pagé, qui relate son parcours fascinant.

« Ce qui m'a toujours impressionnée chez lui, c'est la profondeur de son humanité. Il est à l'écoute de l'autre, il est attentionné à l'endroit des gens ordinaires. »

La journaliste et romancière a côtoyé l'homme d'État quelques années. Elle rappelle que le jeune Mandela est né dans une famille aisée, ce qui lui a permis d'obtenir une éducation complète. C'était un enfant sérieux et respectueux.

« Être Noir, à cette époque, c'était vivre en absence de droits, rappelle-t-elle, c'était se faire traiter de singe, c'était se faire changer de prénom. Son véritable nom est Rolihlahla Mandela. »

Nelson Mandela s'est toujours dit prêt à mourir pour son idéal d'une société démocratique, où tous les citoyens sont libres et égaux.

De l'engagement à la prison

En 1943, sa fibre militante pousse le jeune Mandela à joindre l'ANC (Congrès national africain), un parti politique sud-africain qui défend les droits de la majorité noire. Mandela ravive l'aile jeunesse de l'ANC en s'inspirant de Gandhi. En compagnie d'autres militants, il compte tester les lois qui interdisent aux Noirs d'obtenir les mêmes privilèges que les Blancs. De nombreuses arrestations s'ensuivent.

Tout bascule le 21 mars 1960, lors du massacre de Sharpeville. Pendant cette manifestation pacifiste, 69 Noirs sont tués par les forces de l'ordre. À partir de cet événement, un pan de l'ANC se radicalise et met sur pied le bras armé de l'organisation. Des attentats ont lieu partout au pays afin de bousiller les avantages de la minorité blanche. Nelson Mandela est rapidement jeté en prison. On le condamne à l'emprisonnement à perpétuité.

Au pénitencier, il milite toujours pour son peuple, mais aussi pour les autres détenus afin d'imposer de meilleures conditions de détention pour tous.

« Il y apprend aussi la langue afrikaner, la poésie, ce qui faisait battre le cœur de l'ennemi Blanc », note Lucie Pagé.

À l'extérieur des murs, les émeutes de Soweto, en 1976, poussent la communauté internationale à s'éveiller au drame de l'apartheid, système ségrégationniste basé sur la couleur de la peau.
En prison, Mandela devient l'interlocuteur du gouvernement, qui tient des négociations secrètes avec lui pour tenter de régler cette épineuse question raciale.

1990, une ère nouvelle

La libération du prisonnier politique Mandela, le 11 février 1990, suscite une joie immense dans la population noire. Plus de 250 000 personnes se rassemblent pour l'entendre prononcer son légendaire discours au Cap. Il fait appel alors à un changement négocié, dans la paix et le respect.

« Il a tendu la main au chef du parti qui l'a gardé pendant 27 ans, et il lui a dit : bâtissons un pays ensemble. Ça a marqué le ton de la discussion qui allait suivre. La violence a cessé », remarque Lucie Pagé.

Il est élu président d'Afrique du Sud en 1994. Pour la première fois, l'égalité entre les Noirs et les Blancs est célébrée.

En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix, avec le président sud-africain Frederik Willem de Klerk.

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