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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 3 décembre 2018

Ben Bradlee, l'âge d'or du journalisme américain

Publié le

Un homme, les cheveux laqués et une cravate au cou, est accoudé à une table devant laquelle il est assis. Il tient une cigarette à la main.
L'ex-rédacteur en chef du Washington Post, Ben Bradlee, photographié à Paris en 1973.   Photo : AFP/Getty Images

L'ancien rédacteur en chef du Washington Post a réussi à faire de ce quotidien un incontournable du journalisme d'investigation. Ce journal a, entre autres, été le seul média américain à poursuivre l'enquête sur le scandale du Watergate en 1972, menant à l'obtention d'un prix Pulitzer et à la démission du président Richard Nixon. Durant le passage de cette légende du journalisme au Washington Post de 1965 à 1991, près d'une vingtaine de prix Pulitzer ont été attribués au quotidien.

Avant l’arrivée de Ben Bradlee à la tête de sa salle de rédaction, le Washington Post, fondé en 1877, avait reçu seulement deux prix Pulitzer. Ce journal était pratiquement considéré comme un quotidien régional, explique la politologue Karine Prémont.

[Ben Bradlee] est quelqu’un qui va tout faire pour essayer de décrire la vérité telle qu’elle est, et non pas une vérité interprétée par les manigances du pouvoir.

Karine Prémont, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke

Il a été correspondant à Paris pour le magazine Newsweek de 1954 à 1957. Après un retour forcé aux États-Unis, il s'est lié d’amitié avec son voisin, le sénateur John F. Kennedy. Vétéran de la guerre comme lui, ce dernier lui a donné un accès privilégié à la Maison-Blanche durant sa présidence, de 1961 à 1963.

Le magazine Newsweek a acheté le Washington Post en 1965. Ben Bradlee en a pris la direction la même année.

Barak Obama, debout derrière Ben Bradlee, attache une médaille à son coup.
« Depuis son entrée au Washington Post il y a 65 ans, il a transformé ce journal en l’un des meilleurs au monde », a déclaré le président américain Barak Obama lors de la remise de la médaille de la Liberté au journaliste Ben Bradlee le 20 novembre 2013. Photo : Getty Images/Win McNamee

En 1971, il a supervisé l’enquête des Pentagone Papers. Celle-ci a révélé au grand jour, avec l’aide du New York Times, un rapport détaillé sur les mensonges des différents présidents américains pendant la guerre du Vietnam.

La démission du président américain Richard Nixon

L’année suivante, le Washington Post a réussi à établir le lien entre le président républicain Richard Nixon et l’introduction par effraction à la permanence du Parti démocrate de l'hôtel du Watergate. Ces révélations ont mené à la création d’une commission d’enquête du Sénat des États-Unis. Le 9 août 1974, devant la menace d'une destitution, Richard Nixon a démissionné.

Je m’en fous, en tant que journaliste, de qui est le président.

Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post, en entrevue à l’émission Actualité 24 de la radio de Radio-Canada le 17 avril 1973
Richard Nixon en compagnie de membres de sa famille lors de son discours de démission, le 9 août 1974
Richard Nixon en compagnie de membres de sa famille lors de son discours de démission, le 9 août 1974 Photo : Getty Images/Keystone

Ben Bradlee a ouvert une nouvelle ère du journalisme d'enquête aux États-Unis grâce à une rigueur impeccable. Véritable archétype du métier, il s'est battu toute sa carrière pour défendre la liberté de la presse. Les journalistes incarnaient, selon lui, la transparence nécessaire à la démocratie. Il est décédé en 2014, un peu moins d'un an après avoir reçu la médaille de la Liberté des mains du président Barak Obama.

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