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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 14 novembre 2018

Mikhaïl Gorbatchev et la fin de l'URSS

Publié le

En 1990, Mikhaïl Gorbatchev parle, la main levée.
Mikhaïl Gorbatchev en 1990.   Photo : AFP / VITALY ARMAND

Avec ses réformes, Mikhaïl Gorbatchev a voulu changer le système soviétique, mais il a en fait conduit son pays à l'éclatement. L'historien André Champagne fait le point sur le bilan du dernier secrétaire du Parti communiste de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

En 1983, Mikhaïl Gorbatchev est secrétaire à l’Agriculture et il effectue une tournée au Canada. Ce séjour est crucial pour son avenir politique, car il voit le succès agricole canadien et constate que rien ne fonctionne en URSS.

Mikhaïl Gorbatchev devient secrétaire général du Parti communiste en mars 1985. Rapidement, il s’ouvre à l’Occident et convainc le gouvernement de réduire le budget militaire et les engagements extérieurs pour réformer l’économie, car l'URSS du début des années 80 est dans un état déplorable aux plans économique et social.

Il croyait pouvoir maintenir un régime communiste en introduisant graduellement une certaine économie de marché, mais il n’avait pas de plan.

André Champagne, historien

La perestroïka et la glasnost

Ces deux politiques chères à Mikhaïl Gorbatchev libéralisent certes l’URSS, mais elles accentuent les dysfonctionnements dans le pays. La perestroïka (reconstruction) est une tentative de réformer l’économie en introduisant une certaine économie de marché.

Mikhaïl Gorbatchev est entouré de gens et discute avec une femme.
Mikhaïl Gorbatchev discute avec des citoyens russes à Moscou en 1985. Photo : AFP

Grâce à la glasnost (transparence), Gorbatchev veut que les Russes exposent la vérité et tout ce qui ne fonctionne pas dans le pays. La transparence frappe un mur en 1986 lorsque survient l’accident nucléaire de Tchernobyl, alors que le gouvernement attend trois jours avant de déclarer l’accident.

La fin de la guerre froide

L’autre grand chantier de Gorbatchev concerne la révision de la politique étrangère soviétique. Lors d’une première rencontre avec le président américain Ronald Reagan en Suisse en novembre 1985, les deux hommes d’État reconnaissent qu’une guerre nucléaire entre leurs pays serait une catastrophe. C’est le début de la fin de la guerre froide.

[Pour Mikhaïl Gorbatchev], l’URSS n’a plus les moyens de sa politique militaire. Elle doit réduire drastiquement son budget militaire, ses engagements extérieurs, et tout simplement injecter massivement de l’argent dans la reconstruction économique du pays.

André Champagne, historien
Assis sur des fauteuils, Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan discutent en 1985.
Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1985 à Genève, en Suisse. Photo : AFP

Le dirigeant soviétique commet cependant une erreur majeure : il ne prévoit pas le mouvement nationaliste dans les républiques de l’URSS.

En 1989, le mur de Berlin est détruit. Le 15 octobre 1990, le prix Nobel de la paix est décerné à Mikhaïl Gorbatchev. Il est adoré à l’ouest, mais détesté chez lui. « Les magasins sont vides. Les attentes étaient tellement grandes. […] Pour les citoyens soviétiques, rien n’a changé. Au contraire, la situation économique, le ravitaillement, tous produits confondus, s’est détérioré. […] Le prestige du pays s’est effondré », résume André Champagne.

En 1991, l’URSS est démantelée. Gorbatchev survit politiquement à un coup d’État manqué, tandis que son rival Boris Eltsine acquiert du succès politique.

Le 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev démissionne du Parti communiste de l’Union soviétique. « Aux yeux de la population russe, il est le responsable de l’effondrement du régime », affirme l’historien.

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