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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 8 novembre 2018

Billie Holiday, la légende du jazz à la voix inégalée

Publié le

La chanteuse de jazz Billie Holiday dans un studio d'enregistrement.
Billie Holiday   Photo : Associated Press

L'œuvre de Billie Holiday a été le miroir de sa vie : un mélange de grandes douleurs et de grands espoirs, une vie de misère et de gloire. Aussi, la chanteuse est devenue une véritable légende. « Quand elle incarne une chanson, la chanson lui entre dans le corps et elle la vit complètement, même quand ce ne sont pas des chansons autobiographiques », déclare l'animateur d'ICI Musique Stanley Péan au sujet de sa chanteuse préférée, tous genres musicaux confondus.

Avec Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, Billie Holiday fait partie de la Sainte Trinité du jazz vocal.

Bille Holiday ne "scatte" jamais, contrairement à Sarah Vaughan ou à Ella Fitzgerald, mais sa manière de déplacer l’accent tonique, de déplacer l’intérêt sur un mot ou sur une syllabe, c’est totalement dans la lignée de ce que font les instrumentistes de jazz.

Stanley Péan, animateur à ICI Musique

Lady Day a influencé Frank Sinatra, une autre légende qui « vivait » le texte de la chanson, ainsi que son directeur musical des années 50, un certain Miles Davis. « Quand on écoute comme il faut le phrasé de Miles [à la trompette], il y a cette espèce de retenue, cette espèce d’intériorisation de la musique et de l’émotion », décrit Stanley Péan.

Une vie de gloire et de bas-fonds

Née à Philadelphie de parents adolescents, Bille Holiday vit une enfance parsemée d’écueils et d’embûches. Incapable de s’occuper d’elle, sa mère la confie à des tantes et à sa grand-mère. La future chanteuse vient vivre à New York à 10 ou 11 ans. Elle fait des ménages, est victime de violence sexuelle (prostitution) et séjourne en prison. « C’est quand même une vie assez typique d’une certaine classe de jeunes femmes noires de cette époque », rappelle Stanley Péan.

Bille Holiday travaille dans de petits restaurants et se met à chanter. Devenue chanteuse à pourboires, elle commence à avoir un certain succès et elle adopte le nom de famille de son père, Clarence Holiday, et le prénom de l’actrice Billie Dove, alors que son nom légal est Eleanora Fagan.

En 1933, elle rencontre John Hammond, de la maison de disques Columbia. Ce dépisteur de talents et producteur qui a découvert Benny Goodman, Bob Dylan et Bruce Springsteen l’entend chanter dans un club et lui ouvre les portes de Columbia. Il l’entoure de la crème de la crème des musiciens de la relève, notamment le clarinettiste et chef d’orchestre Benny Goodman, le roi du swing, qui intègre Billie Holiday dans son orchestre.

Une séance d’enregistrement légendaire

Le 2 juillet 1935, Billie Holiday participe à une séance d’enregistrement avec le pianiste Teddy Wilson, le clarinettiste Benny Goodman et le saxophoniste Lester Young.

La chanteuse Billie Holiday tend son oreille vers la trompette de Louis Armstrong qui joue dans son instrument.
Louis Armstrong et Billie Holiday en 1947. Photo : Getty Images/Hulton Archive

Elle intègre ensuite des orchestres légendaires, dont celui de Count Basie. Billie Holiday se joint par la suite à l’orchestre d’Artie Shaw, qui part en tournée. C’est à cette période qu’elle découvre le racisme, surtout celui du sud des États-Unis. Dépitée, elle quitte l’orchestre et rentre à New York.

La descente aux enfers

Durant les années 40, Billie Holiday trône au zénith de sa carrière, mais sa vie personnelle est en lambeaux. Elle a quitté Columbia pour un lucratif contrat d’enregistrement avec Decca, mais tout cet argent sert à deux choses : entretenir les hommes de sa vie et se procurer de la drogue.

Dans les années 50, Billie Holiday connaît une bonne période artistique, mais sa voix est en déclin. « Elle est entourée des meilleurs musiciens », dont le Montréalais Oscar Peterson au piano. « Il y a toujours du swing chez elle. Elle a encore son sens du tempo qui fait qu’elle peut encore être intéressante », indique Stanley Péan.

D’un point de vue personnel, Billie Holiday ne se porte pas bien : « Lester Young est mort très peu de temps avant elle. Elle sent que son monde est en train de décroître », précise Stanley Péan. Elle avait tout de même enregistré le disque Lady in Satin, qu’elle considérait comme un sommet dans sa discographie.

Billie Holiday meurt en 1959 à 44 ans. Son héritage persiste encore aujourd’hui, notamment auprès de la chanteuse Carmen McRae, de Madeleine Peyroux et de la chanteuse soul Macy Gray.

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