Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 25 octobre 2018

Harmonium : construire un mythe

Publié le

Cinq musiciens d'Harmonium, avec leurs instruments entre les mains, sur une scène.
Harmonium en concert durant les années 70.   Photo : ICI Musique

L'audace du groupe québécois Harmonium a représenté un tournant dans l'histoire musicale du pays. En plus de son influence encore très présente dans le paysage québécois, il s'agit de l'un des rares groupes québécois des années 70 à avoir connu un certain succès aux États-Unis, malgré ses paroles en français.

À l’époque, la plupart des groupes populaires au Québec misaient sur un style proche de celui du chansonnier. À l’inverse, la démarche du groupe Harmonium se définissait par la complexité de ses envolées lyriques et de ses arrangements. Pour plusieurs, cette attention aux petits détails et aux textures donne à Harmonium un statut mythique.

En 2015, le magazine américain Rolling Stone a d’ailleurs classé le deuxième disque du groupe, Si on avait besoin d’une cinquième saison, comme l’un des 50 meilleurs albums de l’histoire du rock progressif. En plus du Québec, Harmonium s’est aussi produit au Canada et aux États-Unis, mais également dans une grande tournée en Europe avec le groupe londonien Supertramp.

Harmonium, c’est un groupe magique.

Paul Dupont-Hébert, ex-gérant d’Harmonium à l’émission « Nostalgie » en 1992

L’histoire d’un groupe mythique

Serge Fiori était à l’université lorsqu’il a rencontré Michel Normandeau. Ce dernier lui aurait demandé de l’aide pour améliorer son jeu de guitare. Le bassiste Louis Valois, alors étudiant en optométrie, s'était joint à eux par la suite. Après quelques chansons en anglais inspirées de groupes britanniques comme Genesis ou Yes, leur premier gérant leur a proposé de faire des chansons en français. Au tournant des années 70, l’élan nationaliste était fort au Québec et les premiers programmes de soutien à la culture étaient en expansion.

Le trio a d’abord joué dans des petites salles, où un groupe restreint d’amateurs est devenu de plus en plus assidu. Enregistré en 6 jours, le premier album d'Harmonium l'a propulsé du jour au lendemain au sommet des palmarès et de la notoriété au Québec. En 1974, plus de 100 000 exemplaires de ce disque homonyme se sont écoulés, sans compter les nombreux succès à la radio. Harmonium a même été le premier groupe québécois à se produire à la Place des Arts à Montréal.

L’année suivante, après 200 heures de studio, le groupe a lancé son deuxième album, Si on avait besoin d’une cinquième saison. Le disque de cinq chansons contient Dixie, une pièce qui est devenue un immense succès. Très loin des standards pop de la radio, le groupe a proposé un style de musique plus exploratoire sur les quatre autres pièces du disque, dont une chanson de 17 minutes. Malgré un succès commercial moyen, ce disque est considéré comme l’un des plus influents de l’histoire de la musique québécoise.

Serge Fiori et Louis Valois, souriants
Émission Tout le monde en parle - Serge Fiori et Louis Valois Photo : Radio-Canada/Karine Dufour

Pour L’heptade en 1976, troisième et dernier opus du groupe, Harmonium a invité de nombreux musiciens en studio, dont une chanteuse et une partie de l’Orchestre symphonique de Montréal. Le groupe est ainsi devenu beaucoup plus conceptuel et spirituel.

« Entre le trio du début et ce qu’ils étaient à la fin – ça prenait 14 caravanes quasiment [pour faire un concert] –, c’est sûr que c’est beaucoup plus complexe », explique la journaliste Marie-Christine Blais.

Une fin difficile

En 1978, après une série de concerts en Californie, Harmonium a frappé un mur. L’ampleur des tournées incessantes et la lourdeur de l’organisation ont eu raison du groupe et de l’équilibre mental de Serge Fiori, qui était épuisé. « Il n’était plus capable », explique Marie-Christine Blais, à propos du leader de la formation.

La pression était trop forte et le groupe a éclaté. Il en est tout de même resté trois albums qui ont profondément marqué la musique des années 70 et qui influencent encore la musique québécoise. D’ailleurs, un groupe hommage à Harmonium, comprenant entre autres deux des enfants d’anciens membres de la formation, se produit en concert une trentaine de fois par année au Québec depuis 2002.

Chargement en cours