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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 10 octobre 2018

La sanglante guerre des motards des années 1990 et 2000 au Québec

Publié le

Deux motards des Hells Angels circulent sur une autoroute.
Les Hells Angels ont affronté les Rock Machine à la fin des années 1990 et au début des années 2000.   Photo : Getty Images / Jerry Grugin

En juillet 1994, l'Alliance, formée de trafiquants indépendants et de membres des Rock Machine, a entamé une guerre contre les Hells Angels afin d'obtenir le contrôle sur le trafic de drogue québécois. L'auteur et journaliste retraité André Cédilot décrit ce conflit entre motards criminels qui a fait près de 170 morts en 8 ans. Il explique aussi comment les policiers ont réussi à y mettre fin.

Depuis les années 1960, des guerres de motards ont lieu périodiquement au Québec. Celle des années 1990 et du début des années 2000 marque toutefois un tournant dans la lutte contre le crime organisé dans la province. À la suite d’événements tragiques, elle conduit à des changements législatifs qui facilitent le travail des policiers. À partir du début des années 2000, la loi antigang leur permet d’accuser quelqu’un pour sa simple appartenance à un gang criminel.

En Amérique du Nord, c’est la guerre du crime organisé la plus longue et la plus violente qu’il n’y ait jamais eu.

André Cédilot, auteur et journaliste retraité
Des hommes transportent le corps d'un motard devant un commerce d'accessoires des Rock Machine.
Des employés de la morgue transportent le corps d'un membre assassiné des Rock Machine, en août 1995. Photo : Getty Images/AFP/André Pichette

Des attentats font d’innocentes victimes

Le 13 juillet 1994, la police déjoue une série d’attaques planifiées par l’Alliance contre des membres des Hells Angels. Ceux-ci répliquent en déclenchant une guerre ouverte contre l’Alliance et en assassinant certains de ses sympathisants. Alors que des attentats visent surtout des motards et des trafiquants de drogue, le conflit fait des victimes innocentes, qui n’entretiennent aucun lien avec le crime organisé.

Parmi les victimes collatérales de la guerre des motards, le jeune Daniel Desrochers, 11 ans, meurt en août 1995, après s’être trouvé près d’un Jeep déchiqueté par une bombe. Cette mort d’un enfant encourage la création de l’escouade antimotard Carcajou et la mise en place d’une première version de la loi antigang, en mai 1997.

De spectaculaires coups de filet pour lutter contre l’intimidation des Hells Angels

Les Hells Angels se sentent invulnérables et n’hésitent pas à tuer des gardiens de prison pour intimider le système de justice. Toutefois, le 5 décembre 1997, ils subissent un dur coup lorsque le meurtrier Stéphane « Godasse » Gagné devient délateur et réussit à faire emprisonner leur chef, Maurice « Mom » Boucher.

La violence se poursuit malgré tout et le 13 septembre 2000, un homme armé tente, sans succès, de tuer le journaliste Michel Auger, spécialisé en affaires criminelles. Cet autre attentat incite la police à agir. Le 26 mars 2001, un spectaculaire coup de filet, appelé l’opération Printemps 2001, entraîne l’arrestation de 130 membres ou associés des Hells Angels. Par la suite, d’autres opérations policières neutralisent leurs activités criminelles, mais aussi celles des Bandidos, le gang de motards ayant remplacé les Rock Machine.

Référence

Gangsters et mafiosi : 100 ans de crime organisé au Québec, d’André Cédilot et André Noël, Les Éditions de l’Homme, 2017

Un officier de la Sûreté du Québec se tient devant le repère des Hells Angels à Saint-Nicolas, le 21 novembre 1997.
Le 21 novembre 1997, une opération policière a lieu au bunker des Hells Angels de Saint-Nicolas, près de Québec. Photo : Reuters/Didier Debusschere

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