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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Les sorcières de Salem victimes d’un puritanisme évangélique

Audio fil du lundi 8 octobre 2018
Évanouissements et agitations pendant un procès d'un accusé, George Jacobs, suspecté de sorcellerie en 1692.

Évanouissements et agitations pendant le procès d'un accusé, George Jacobs, suspecté de sorcellerie en 1692.

Photo : Getty images/Douglas Grundy

En 1692, une hystérie collective s'est emparée de certaines communautés puritaines au nord de Boston. La fille du nouveau pasteur du village de Salem a accusé trois personnes d'avoir fait de la sorcellerie à ses dépens. Comme l'explique l'historien Jean-Pierre Le Glaunec, plusieurs autres accusations similaires ont été portées, et des centaines d'hommes et de femmes ont été accusés de complicité avec le diable dans la région, menant à l'exécution de 19 personnes.

Persécutés et marginalisés en Angleterre, les puritains ont décidé de traverser l’Atlantique vers l’Amérique au début du 17siècle. Le puritanisme entendait rendre l’Église plus pure et, surtout, la réformer de tout ce qui restait de l’Église catholique médiévale.

La culture puritaine est une culture de l’angoisse.

Jean-Pierre Le Glaunec, historien

Selon les théories de Jean Calvin basées sur les évangiles bibliques, quelqu’un qui adhère au puritanisme n’est jamais certain d’avoir été choisi par Dieu. Dieu choisit ceux qu’il a élus.

L'angoisse permanente pour être l'élu de Dieu

« Les puritains ne savent jamais s’ils sont élus, explique Jean-Pierre Le Glaunec. Il y a donc une forme d’angoisse permanente qui se traduit, je crois, de deux manières. Les puritains cherchent à se rassurer en faisant de bonnes œuvres, en essayant de mener une vie saine, une vie juste, une vie droite. Et puis les puritains participent régulièrement à des rites d’exclusion, à des rites où l’on cherche à vérifier que la société est bien pure. L’enjeu est majeur. Soit, le paradis, soit l’enfer. »

S’ils ne sont pas envoyés au paradis, les puritains évangélistes croient qu’ils seront envoyés pendant mille ans dans un lac de feu. La société puritaine est ainsi une société traversée par une angoisse permanente, d’où une certaine hystérie collective autour des rites d’exclusion, comme lors du procès de Salem.

Les puritains voulaient à l'époque faire de la Nouvelle-Angleterre une société modèle, formée de familles et de fermiers, tout en cherchant à honorer le contrat qu’ils disaient avoir avec Dieu.

Honorer ce contrat est fondamental, car c’est le seul moyen d’être touché par la grâce. […] Alors, vous comprenez qu’il n’y a aucun moyen de savoir qu’on est élu, mais on va tout faire sur terre pour s’assurer qu’on l’est.

Jean-Pierre Le Glaunec, historien

Selon cette idée, il faut ainsi exclure ceux qui font un pas de côté. Et le village de Salem, à l’intérieur des terres, était très homogène, à l’inverse du cosmopolitisme du port de Salem, près de la côte, accusé d’encourager la faiblesse morale lors de cette hystérie collective.

Les tentations du diable sont partout

« On est toujours à la recherche des traces du diable, précise Jean-Pierre Le Glaunec. Le diable prend différentes incarnations. Parfois, il tente des hommes et des femmes à commettre le crime de bestialité. »

La création d’un tribunal spécial de juin à septembre 1692 a mené à l’exécution de 19 personnes, avant que les autorités du Massachusetts y mettent fin et libèrent les autres accusés. La femme du gouverneur de l’État américain avait d’ailleurs été accusée de complicité avec le diable avant que le gouverneur force la libération de tous les accusés.

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