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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 24 septembre 2018

La grève des réalisateurs de Radio-Canada de 1959, un conflit porteur de solidarité

Publié le

Des réalisateurs brandissent des pancartes devant l'édifice de Radio-Canada, en 1959.
Des réalisateurs en grève devant l'édifice de Radio-Canada, en 1959   Photo : Radio-Canada

Du 29 décembre 1958 au 7 mars 1959, 74 réalisateurs de la télévision de Radio-Canada ont réclamé le droit de s'associer et d'obtenir de meilleures conditions de travail. Ils ont alors reçu l'appui de centaines d'artistes, de techniciens, de journalistes et d'auteurs, qui refusaient de franchir les lignes de piquetage. Le journaliste Marc Laurendeau parle de l'importance historique de leur grève et rappelle le contexte de son déclenchement.

Au moment du conflit, la télévision de Radio-Canada n’existe que depuis six ans. Considérés comme des cadres, les réalisateurs souhaitent être reconnus en tant que créateurs, se syndicaliser et obtenir une sécurité d’emploi.

À l’époque, J.-Alphonse Ouimet, le président de Radio-Canada, et son frère, André Ouimet, le directeur de la télévision, ont une conception autoritaire du pouvoir. Ils négocient avec Fernand Quirion, le réalisateur des Belles histoires des pays d’en haut, qui préside l’Association des réalisateurs de Montréal.

D’une certaine manière, les réalisateurs étaient les donneurs d’ouvrage. Mais le principe en cause était tel que même des gens qui gagnaient moins qu’eux, et qui étaient à certains égards leurs employés, les soutenaient dans ce combat-là.

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Des spectacles-bénéfices en appui aux grévistes

Des artistes organisent des spectacles-bénéfices en soutien aux grévistes : Difficultés temporaires et N’ajustez pas votre appareil. Plusieurs vedettes y participent, dont Raymond Lévesque et Denise Pelletier.

Lors de ces spectacles, René Lévesque présente sur un tableau noir une description des enjeux du conflit, à la manière de son émission Point de mire. Pendant la grève, le journaliste prend conscience de son ascendance sur les foules. Il saisit aussi mieux à quel point les Canadiens français ont peu de poids sur leurs instruments culturels.

Des artistes tiennent des pancartes où il est inscrit « Difficultés temporaires ».
En 1959, des artistes tiennent des pancartes sur la scène du spectacle Difficultés temporaires, en soutien aux réalisateurs de Radio-Canada en grève. Photo : Radio-Canada/Roméo Gariépy

Dix semaines de grève dans le froid

Les activités de mobilisations se succèdent durant les 68 jours du conflit. À la mi-janvier 1959, plus de 1000 personnes défilent devant le parlement d’Ottawa en soutien aux grévistes.

Un mois avant la fin du conflit, le député conservateur du Québec Egan Chambers réussit à faire débloquer les négociations. Mais la Direction de Radio-Canada refuse l’affiliation des réalisateurs à la Centrale des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), ce qui prolonge encore la grève.

Le 2 mars 1959, la brigade à cheval charge des grévistes sur le boulevard Dorchester (le futur boulevard René-Lévesque). La police arrête notamment Jean Marchand, René Lévesque et Georges Dor. Même si le conflit se résout à la fin de mars et permet aux réalisateurs de Radio-Canada de négocier collectivement, cette répression aura frappé les esprits.

Un policier à cheval et des grévistes devant un édifice de la banque de Montréal.
Un policier à cheval fonce sur des grévistes sur le boulevard Dorchester, à Montréal, le 2 mars 1959. Photo : Radio-Canada

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