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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 20 août 2018

Simone de Beauvoir, philosophe, écrivaine et icône du féminisme

Publié le

Une photo de l'auteure existentialiste et féministe Simone de Beauvoir prise en 1947.
Une photo de l'auteure existentialiste et féministe Simone de Beauvoir prise en 1947.   Photo : Getty Images / Hulton Archive

Avec sa formule « On ne naît pas femme, on le devient », Simone de Beauvoir (1908-1986) a révolutionné la vision que la société occidentale avait des femmes. Cette intellectuelle, compagne de Jean-Paul Sartre, a fait connaître sa philosophie existentialiste dans ses romans, ses essais et ses mémoires. Trois féministes, Aurélie Lanctôt, Chantal Maillé et Yolande Cohen, discutent du parcours et de l'œuvre de l'auteure du Deuxième Sexe (1949).

Yolande Cohen trouve remarquable que Simone de Beauvoir ait défini un espace totalement nouveau pour les femmes, à une époque où la maternité était jugée comme leur contribution majeure à la société. Dans Le deuxième sexe, l’écrivaine s’opposait à la structure familiale imposée aux femmes par la société, soit d’avoir un mari et des enfants.

Je pense que ses critiques sont extrêmement fortes et qu’elles résonnent encore aujourd’hui. On peut dire qu’on a l’égalité [entre hommes et femmes], mais on sait très bien que c’est une égalité formelle et que beaucoup de choses restent à faire.

Yolande Cohen, professeure au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal

Un amour libre et des aventures lesbiennes cachées

À la fin des années 1920, Simone de Beauvoir est tombée amoureuse de Jean-Paul Sartre lorsqu’elle étudiait à la Sorbonne. Aurélie Lanctôt explique que ce couple mythique vivait une relation ouverte et que chacun avait des aventures parallèles. Cette liberté a parfois rendu Simone de Beauvoir jalouse, mais lui a permis, en 1947, de vivre une passion avec l’auteur américain Nelson Algren.

Après la mort de l’écrivaine, la féministe Marie-Jo Bonnet lui a reproché d’avoir été silencieuse sur ses relations homosexuelles. Son premier grand amour a été avec Élisabeth Lacoin, une jeune femme surnommée Zaza morte prématurément en 1929. D’ailleurs, ses écrits ont révélé d’autres liaisons avec des femmes.

Simone de Beauvoir gagne le prix Goncourt en 1954 pour Les mandarins. En 1958, elle publie Mémoires d’une jeune fille rangée, le récit de sa jeunesse qui forme le premier volet de son œuvre autobiographique.

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre regardent l'objectif en se retournant alors qu'il sont sur la plage de Copacabana, à Rio, en 1960.
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre sur la plage de Copacabana, à Rio, en 1960   Photo : Getty Images/AFP

Une vision des femmes critiquée

Chantal Maillé indique que Simone de Beauvoir voyait la féminité comme une construction aliénante pour les femmes. Certaines féministes ont condamné le fait qu’elle avait évité de parler de la masculinité dans les mêmes termes. De même, on a critiqué le fait que, dans ses écrits, elle se dissocie des autres femmes et méprise la maternité.

La condition universelle décrite par Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe était bien différente de sa réalité. Femme indépendante, elle n’avait pas d’enfant, elle avait des amants et elle ne croyait pas en Dieu. Ce n’est toutefois qu’à la fin de sa vie, dans les années 1970, qu’elle s’est jointe au mouvement féministe. Elle luttait alors pour le droit à l’avortement en France.

Nos invitées
Aurélie Lanctôt, étudiante en droit et auteure
Chantal Maillé, professeure en études féministes à l’Institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia
Yolande Cohen, professeure au Département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal

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