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Jacques Beauchamp
Audio fil du vendredi 22 juin 2018

Refus global : quand des artistes veulent changer la société

Publié le

Première de couverture du manifeste Refus global
Publié en 1948, le manifeste Refus global marque un moment important de l'histoire de l'art au Québec.   Photo : Musée canadien de l'histoire

Publié en août 1948, Refus global a été reçu de façon mitigée avant de marquer l'imaginaire collectif des Québécois. Les 16 jeunes artistes signataires de ce recueil de textes et d'illustrations dénonçaient l'état d'ignorance dans lequel les élites cléricale et politique maintenaient la population. La conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) Anne-Marie Bouchard décrit le contexte de création de ce manifeste, une initiative du peintre Paul-Émile Borduas.

À partir de 1937, plusieurs des futurs signataires de Refus global sont des élèves de Paul-Émile Borduas à l’École du meuble de Montréal, où il fait connaître l’art moderne. Pour le peintre et ses disciples, le carcan dans lequel on enferme les artistes devient insoutenable.

D’autres prises de parole d’artistes

Refus global s’inscrit dans la lignée de manifestes d’artistes avant-gardistes européens. Dès le début du 20e siècle, les peintres futuristes et dadaïstes publient des textes revendiquant une rupture avec les élites artistique, culturelle et sociale qui les ont précédés.

En février 1948, quelques mois avant la publication de Refus global, le manifeste Prisme d’yeux, signé par 15 personnes, réclame une plus grande liberté d’expression des artistes. Rédigé par Jacques de Tonnancour, on associe ce texte à Alfred Pellan, un peintre précurseur qui a fait connaître l’art européen contemporain aux Québécois.

Contester pour sortir du carcan social

Dans Refus global, on retrouve des textes de Paul-Émile Borduas, du poète Claude Gauvreau, du psychiatre Bruno Cormier et de l’artiste multidisciplinaire Françoise Sullivan. On peut aussi y voir des reproductions d’œuvres des peintres automatistes et des photos de Maurice Perron.

Paul-Émile Borduas est le maître à penser des signataires du manifeste. Il souhaite détacher l’art de toute convention. Son opposition aux élites lui fera perdre son emploi de professeur à l’École du meuble.

Paul-Émile Borduas souhaite libérer l’art et le peuple d’un carcan idéologique qu’il estime être issu de la colonisation, de l’occupation du territoire. Il appelle à une ouverture aux grands courants de la pensée universelle.

Anne-Marie Bouchard, conservatrice au MNBAQ
Paul-Émile Borduas pose devant des plantes.
Le peintre Paul-Émile Borduas a rédigé le texte principal du manifeste Refus global. Photo : Radio-Canada

Les 16 signataires de Refus global :
Paul-Émile Borduas
Marcel Barbeau
Pierre Gauvreau
Jean-Paul Riopelle
Jean-Paul Mousseau
Marcelle Ferron
Fernand Leduc
Claude Gauvreau
Thérèse Renaud
Madeleine Arbour
Françoise Riopelle
Muriel Guilbault
Louise Renaud
Bruno Cormier
Maurice Perron
Françoise Sullivan

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