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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 14 juin 2018

Michel Tremblay raconte la genèse de la pièce Les belles-sœurs

Publié le

Quelques-unes des belles-soeurs dans la célèbre pièce de Michel Tremblay.
Une partie de la distribution des Belles-soeurs en 1968, où l'on voit Denise Proulx, Rita Lafontaine et Denise Filiatrault.   Photo : Musée Pop

Les belles-sœurs, un classique du théâtre québécois, a pris l'affiche pour la première fois au théâtre du Rideau Vert le 28 août 1968, dans une mise en scène d'André Brassard. Son auteur, Michel Tremblay, a écrit cette pièce en 1965 avec la volonté de mettre en scènes des femmes issues d'un milieu populaire. Aujourd'hui, il se dit fier d'avoir résisté tant aux bonnes qu'aux mauvaises critiques qu'a subies l'œuvre, désormais traduite en 35 langues.

En 1965, Michel Tremblay décide d’écrire sa pièce en joual après avoir vu un film québécois en français standard. Il souhaite que ses personnages parlent une langue du peuple qui exprime parfaitement leur réalité, ce qui est une véritable révolution à cette époque. Dans sa création, le dramaturge met en scène 15 femmes qui disent tout haut ce qu’elles ont sur le cœur.

En commençant la première scène, je me suis rendu compte que c’était merveilleux d’utiliser cette langue directement, sans me censurer aucunement.

Michel Tremblay, auteur

Une pièce qui fait réagir

Le 4 mars 1968, le texte des Belles-sœurs est présenté lors d’une lecture publique au Centre des auteurs dramatiques de Montréal. C’est la première fois qu’on entend les mots de Tremblay sur une scène. Quelques mois plus tard, la pièce est acclamée au théâtre du Rideau Vert. Elle choque certains spectateurs par ses propos crus et par l’usage du joual.

Tremblay veut aussi faire des Belles-sœurs une œuvre où les femmes sont à l’avant-plan. « Je m’étais rendu compte que dans le théâtre nord-américain, et québécois en particulier, les femmes étaient souvent des personnages secondaires et comiques. […] J’ai décidé d’évacuer les hommes et de laisser les femmes dire ce qu’elles avaient accumulé depuis des centaines d’années », explique-t-il.

De Paris aux favélas de Rio

Au fil des décennies, Les belles-sœurs sera jouée partout dans le monde. Elle fait sa première escale à l’extérieur du Québec, en 1973. André Brassard et Michel Tremblay reçoivent alors une subvention d’Ottawa pour la présenter à Paris, où elle remporte un succès critique et populaire.

Bien que très montréalaise, la pièce traduit bien la réalité des femmes issues des milieux ouvriers de différents pays. Dans une adaptation présentée prochainement à Rio de Janeiro, on pourra voir en interaction des femmes des favélas.

C’est ça qui est extraordinaire, ces 15 femmes-là qui hurlent, qui crient, qui parlent en chœur, qui représentent un peuple au complet. […] Quand il y a 15 femmes qui disent qu’elles sont malheureuses en même temps, ça veut dire quelque chose de puissant.

Michel Tremblay, auteur
Dans une cuisine,  Yvette Longpré (Sylvie Heppel), avec le récepteur
du téléphone à la main, Marie-Ange Brouillette (Amulette Garneau), Desneiges Verrette (Rita Lafontaine), Lisette de Courval, (Denise Morelle), Gabrielle Jodoin (Eve Gagnier), Germaine Lauzon (Denise Proulx) et Rose Ouimet (Monique Mercure).
Une partie de la distribution des Belles-soeurs dans une adaptation de la pièce pour CBC, diffusée en 1977 Photo : Radio-Canada

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