Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 11 juin 2018

Madeleine de Verchères, figure mythique de la Nouvelle-France

Publié le

Une statue représentant Madeleine de Verchères et le détail d'un dessin réalisé par Edmond-Joseph Massicotte
Une statue représentant Madeleine de Verchères et le détail d'un dessin réalisé par Edmond-Joseph Massicotte   Photo : BAnQ/Fonds Armour Landry/Edmond-Joseph Massicotte

Âgée de 14 ans, la jeune Madeleine entre dans l'histoire du Québec en 1692 en repoussant une attaque iroquoise contre le fort de la seigneurie de Verchères. La sociologue Françoise Deroy-Pineau raconte l'histoire de cette héroïne nationale, qui a su créer avec habileté un mythe autour de ses exploits.

Pour les colons en Nouvelle-France, il est essentiel de savoir se battre pour se défendre des attaques des peuples autochtones. « C’était une question de survie. » Madeleine de Verchères le savait très bien : elle avait perdu deux frères et deux beaux-frères aux mains des Iroquois.

Ses connaissances lui sont utiles en 1692, lors d’une attaque contre le fort de Verchères par des Iroquois. Elle parvient à faire croire à ses attaquants qu’ils sont nombreux dans le fort – ce n’était pas le cas – et à utiliser le canon pour effrayer les Iroquois et alerter les gens de Montréal, qui viennent ensuite à la rescousse de Verchères.

Narrer son exploit pour nourrir le mythe

Aidée par son alphabétisme, Madeleine de Verchères écrit aux bonnes personnes en France pour rapporter son exploit. Elle parvient notamment à recevoir une pension. En tout, cinq récits de la bataille de Verchères seront écrits, dont trois par la protagoniste.

Elle rajoute des détails invraisemblables, qui, vus de loin, font mousser son exploit. Elle est experte en relations publiques avant l’heure.

Françoise Deroy-Pineau

Chaque nouvelle version rajoute des détails et des mises en scène qui vont enrichir le mythe. La dernière version, la plus romancée, passe à l’histoire. « Les livres d’histoire s’emparent de ce haut fait, le gonflent et portent à toute la société québécoise l’image de Madeleine de Verchères. »

Une femme chicanière

L’exploit de Madeleine de Verchères ne l’empêche pas d’être une personne peu aimée en raison de sa personnalité abrasive. Elle se marie en 1706 avec sieur Pierre Tarrieu de La Pérade, un homme au tempérament similaire.

Ils ont, l’un comme l’autre, des caractères de cochon. Ils ne supportaient pas qu’on ne soit pas d’accord avec eux. Ça leur fait une très mauvaise réputation.

Françoise Deroy-Pineau

Le couple fait l’objet de beaucoup de médisance. Pour défendre sa réputation, il intentera de nombreux procès contre ses détracteurs, avec peu de succès. « Ce qui est curieux, c’est qu’il y a plein de monde à ses obsèques », conclut Françoise Deroy-Pineau à propos de Madeleine de Verchères, figure oubliée de l’histoire de la Nouvelle-France.

Chargement en cours