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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 30 mai 2018

Commission Laurendeau-Dunton : définir l’identité canadienne et faire une place aux francophones

Publié le

Les coprésidents de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Davidson Dunton et André Laurendeau
Les coprésidents de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Davidson Dunton et André Laurendeau   Photo : La Presse canadienne

« On veut entreprendre cette grande conversation pour crever l'abcès. » En 1963, André Laurendeau et Davidson Dunton sont nommés coprésidents de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme en réponse à la crise nationale nourrie par la Révolution tranquille au Québec, rapporte Valérie Lapointe-Gagnon, professeure d'histoire au Campus Saint-Jean de l'Université d'Alberta.

Au début des années 1960, les francophones manifestent leur sentiment d’exclusion dans le pays – l’appareil gouvernemental fédéral est principalement anglophone – et le mouvement séparatiste gagne du terrain dans la Belle Province.

Des transformations concrètes du paysage politique sont demandées par des intellectuels, dont André Laurendeau, éditorialiste au Devoir.

Le premier ministre Lester B. Person met en place une commission pour enquêter sur le manque de bilinguisme à Ottawa et sur les façons de créer un espace pour permettre à la dualité linguistique de mieux s’exprimer et pour favoriser l’égalité de chance entre les deux peuples fondateurs du Canada. À sa tête, il nomme M. Laurendeau, considéré comme l’âme de la commission, et Davidson Dunton, ancien président de CBC/Radio-Canada et recteur de l’Université Carleton.

On voulait définir un Canada canadien parce qu’on craignait les tensions internes entre les francophones et les anglophones, et l’invasion culturelle des Américains au pays.

Valérie Lapointe-Gagnon

La crainte d'une crise nationale

Dans leur premier rapport, publié en 1965, MM. Dunton et Laurendeau évoquent leur peur pour l’avenir du pays en raison des frustrations des francophones. Dans leurs travaux, ils se butent aux réserves des Québécois – qui craignent qu’on les force à devenir bilingues – et aux « préjugés liés au provincialisme », raconte Mme Lapointe-Gagnon.

Au sein de la Commission, deux écoles de pensée s’affrontent. D'un côté, il y a les partisans, comme André Laurendeau, de la révision du fédéralisme en touchant les questions constitutionnelles. De l'autre, il y a ceux qui, comme Davidson Dunton, privilégient la mise en place de mesures pour favoriser le bilinguisme, et ce, en maintenant un gouvernement central fort.

L'effet de la mort de Laurendeau

Avec la mort d’André Laurendeau en 1968, le concept de biculturalisme, avec l’hypothèse d’accorder des statuts spéciaux au Québec, est balayé sous le tapis, au profit du multiculturalisme.

La même année, Pierre Elliot Trudeau devient le premier ministre du Canada. Il fait adopter la Loi sur les langues officielles, qui assure une fonction publique fédérale bilingue. L’idée des deux peuples fondateurs est, quant à elle, évacuée.

Le dernier rapport de la Commission, avec Jean-Louis Gagnon comme coprésident remplaçant, est déposé en 1970.

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