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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 22 mai 2018

La Nouvelle-Écosse, la première province séparatiste du Canada

Publié le

Portrait de Joseph Howe
Portrait de Joseph Howe   Photo : Bibliothèque et Archives Canada / William James Topley

Aux premières élections canadiennes, à l'été 1867, les Néo-Écossais ont élu 18 députés anti-confédérés au parlement fédéral, alors qu'il y avait 19 sièges en jeu. Le professeur d'histoire Harold Bérubé décrit l'opposition du politicien néo-écossais Joseph Howe et de ses partisans au mariage constitutionnel entre deux des colonies britanniques maritimes et le Canada-Uni.

En 1864, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et le Canada-Uni s’entendent sur la création d’une fédération, alors que l’objectif initial était d’unir les colonies de l’Atlantique. Terre-Neuve et l’Île-du-Prince-Édouard n’embarquent pas dans ce projet, de peur d’être noyées dans le nouveau pays. Les premiers ministres de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, Leonard Tilley et Charles Tupper, perdront le pouvoir à la suite de leur adhésion à la fédération.

L’Acte de l’Amérique du Nord de 1867 était loin de faire consensus. Il a fallu surmonter toute une série de résistances pour arriver à son adoption.

Harold Bérubé, professeur d'histoire

L’opposition de Joseph Howe à la fédération canadienne
Joseph Howe, l’un des plus farouches opposants à la fédération, est déjà une figure politique connue en Nouvelle-Écosse avant 1867. Il utilise son journal, le Novascotian, pour faire connaître ses positions. C’est en partie grâce à l’activisme dont il fait preuve que la Nouvelle-Écosse devient la première colonie à obtenir un gouvernement responsable, en janvier 1848.

Le politicien s’inquiète que la colonie soit marginalisée dans le nouvel ensemble. À l’époque, elle ne compte que 400 000 citoyens, tandis qu’on en dénombre 3 millions au Canada.

Au début de 1867, Joseph Howe débarque à Londres avec ses alliés pour tenter de convaincre les élus britanniques de l’impopularité de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique en Nouvelle-Écosse.

L’adhésion difficile de la Nouvelle-Écosse au Canada
En 1867, la Nouvelle-Écosse donne le message qu’elle ne veut pas de la fédération canadienne nouvellement créée : elle envoie à Ottawa des opposants à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. De plus, sur les 38 députés nouvellement élus au parlement provincial, 36 sont contre la fédération canadienne. La Nouvelle-Écosse adopte aussi une motion de non-reconnaissance de la légitimité de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique.

Joseph Howe retourne à Londres pour convaincre les élus britanniques de l’indépendance souhaitée par la Nouvelle-Écosse, mais il revient bredouille et désillusionné. À la fin de 1868, il se rallie à l’idée du Canada, puis se joint au cabinet du premier ministre John A. Macdonald l’année suivante.

Le mouvement séparatiste se maintiendra malgré tout en Nouvelle-Écosse. Dans les années 1920, la province prendra part au Maritime Rights Movement, qui tentera de renégocier sans succès les conditions de l’adhésion des provinces maritimes à la fédération canadienne.

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