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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 15 mai 2018

La rocambolesque affaire Lucien Rivard

Publié le

En 1965, Lucien Rivard est entouré de policier lors de sa comparution.
Comparution du trafiquant de drogue Lucien Rivard en 1965   Photo : Radio-Canada

En janvier 1964, le Montréalais Lucien Rivard a été accusé de trafic de drogue par la justice américaine et le procureur général américain Robert Kennedy a demandé son extradition aux États-Unis. Quelques mois plus tard, des membres du gouvernement Pearson ont été soupçonnés d'exercer de la pression sur l'appareil judiciaire pour obtenir la libération sous caution du criminel. Le journaliste Marc Laurendeau raconte ce scandale politico-judiciaire et l'évasion de Lucien Rivard, qui a été en cavale pendant plus de quatre mois.

Poids lourd du crime organisé nord-américain des années 1950 et 1960, Lucien Rivard a 49 ans au moment du scandale. Après avoir mené un trafic d’héroïne et procédé à la vente illégale d’armes à Cuba, il s’installe à Laval, où il devient propriétaire du Domaine idéal. Cet établissement lui sert de paravent pour reprendre ses activités illicites.

À la suite de l’arrestation d’un complice de Lucien Rivard, le procureur général des États-Unis Robert Kennedy demande l’extradition du trafiquant. À partir de la prison de Bordeaux, où il est détenu, Rivard active ses contacts politiques afin de se soustraire à la justice américaine.

Une tentative de corruption d’un officier de justice
Le gouvernement américain mandate l’avocat Pierre Lamontagne pour procéder à l’extradition de Lucien Rivard aux États-Unis. En juillet 1964, il est convié à Ottawa par son confrère de classe Raymond Denis, le chef de cabinet du ministre de l'Immigration. Ce dernier lui offre 20 000 $ à condition qu’il ne s’oppose pas à la demande de cautionnement de Lucien Rivard.

Pierre Lamontagne refuse la proposition de Raymond Denis. Il reçoit ensuite des coups de fil de complices de Lucien Rivard, de hauts fonctionnaires et de Guy Rouleau, l’adjoint parlementaire de Lester B. Pearson, qui lui dit que le prisonnier est un donateur bien utile au Parti libéral. Exaspéré par toute cette sollicitation, Me Lamontagne en prévient la Gendarmerie royale du Canada en août.

Scandale aux Communes et évasion de Lucien Rivard
Le 23 novembre 1964, deux députés révèlent les tentatives de corruption entreprises auprès de Me Lamontagne. Éclaboussé par ce scandale, le ministre de la Justice Guy Favreau crée une commission d’enquête pour faire la lumière sur les allégations.

Le 2 mars 1965, Lucien Rivard s’évade de la prison de Bordeaux. Le criminel obtient alors un élan de sympathie de la part de la population. On l’arrête 136 jours plus tard près de Châteauguay, puis on l’extrade à Laredo, au Texas, où il subit son procès. On le condamne à 20 ans de prison. De retour au Québec en 1975, il mène une vie discrète jusqu’à sa mort, en 2002, à l’âge de 86 ans.

En juin 1965, la commission d’enquête donne ses recommandations. Elle juge criminel le pot-de-vin proposé par Raymond Denis et condamne les ingérences de Guy Rouleau. Le ministre Guy Favreau reçoit un blâme mitigé, puis démissionne de ses fonctions. Ébranlé par ce scandale, il meurt deux ans plus tard, à 50 ans.

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