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Louis de Funès, la quintessence du comique

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Louis de Funès, la quintessence du comique

Audio fil du lundi 7 mai 2018
Plan rapproché du comédien faisant une mimique rigolote.

Louis de Funès dans les années 1970

Photo : Getty Images / Gamma-Rapho / Patrice Picot

Véritable monstre sacré du cinéma français, Louis de Funès a obtenu un incroyable succès en développant un personnage râleur, colérique et dictatorial. Cet acteur inimitable, mais inquiet, n'a peut-être pas été en mesure de dévoiler l'ampleur de son immense talent au grand écran, déplore le chroniqueur cinéma Georges Privet.

Ses films, dont certains sont devenus des classiques du genre, trônent encore au sommet des records d’audience en salle dans l’Hexagone. À son apogée, il pouvait voler la vedette à ses partenaires en un clin d’œil, ce qui déplaisait à certains d’entre eux.

« De Funès, c’est une grenade qu’on vient de dégoupiller. Quand il arrive, on ne voit plus que lui. Il bouffe tout, il bouffe l’écran, il bouffe le cadre, il bouffe ses partenaires », illustre Georges Privet.

Pendant une bonne partie de sa carrière, Louis de Funès a été un acteur très physique, voire brutal. Il a utilisé une pléthore de mimiques et de grimaces pour caractériser ses personnages au tempérament explosif.

Son influence fondamentale est assurément sa mère d’origine espagnole, qui développait des colères mémorables lorsque le petit Louis la taquinait, croit le critique.

La consécration et ses embûches

Louis de Funès est devenu une star dans la cinquantaine, au terme d’une ascension très lente. Il n’était pas destiné à connaître autant de succès. Freluquet, il n’a jamais eu la gueule du jeune premier. Son ambition étant de jouer les seconds violons, il a occupé des dizaines de petits rôles à l’écran ou sur la scène. Il a appris tous les trucs du métier.

Le moment où il s’est révélé au plus grand nombre s’est produit en 1964, quand il a interprété pour la première fois son rôle de gendarme de Saint-Tropez. La même année, il a joué dans Le corniaud et dans Fantômas, d’autres très grands succès populaires.

Le succès immense obtenu avec ces films a fait apparaître chez l’acteur un énorme sentiment d’insécurité. Effrayé à l’idée de perdre cette popularité obtenue tardivement dans sa carrière, de Funès s’est ensuite cantonné dans des formules qui marchent, mais qui ne mettent pas tout son talent en valeur.

Homme au sens de l’observation très fin, de Funès arrivait toujours à se placer entre la caricature et la justesse.

Le cinéaste Gérard Oury, qui l’a dirigé dans La grande vadrouille, disait que de Funès était peut-être le seul comédien qui pouvait être détestable tout en demeurant sympathique, rappelle Georges Privet.

La transformation d’un comédien

La critique a longtemps méprisé les rôles de Louis de Funès à l’écran. Toutefois, elle a salué son brio dans Les aventures de Rabbi Jacob, un des seuls films où l'on a senti que le comédien avait pris des risques.

La dernière étape de sa carrière a été marqué par un changement de ton dans son jeu comique. Son double accident cardiaque de 1975 l’a obligé à changer sa méthode de travail. On a vu un de Funès, fragile, transformé, mais toujours aussi efficace dans L’aile ou la cuisse et La soupe aux choux.

Son regard sur le pouvoir, et sur la veulerie a inspiré beaucoup de comédiens des générations subséquentes.

Louis de Funès est mort en 1983.

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