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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Le printemps de Prague et l’invasion de la Tchécoslovaquie

Audio fil du jeudi 26 avril 2018
Des Praguois entourent un char d'assaut lors de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie, en août 1968. Sur un camion renversé, un jeune tient un drapeau tchèque.

Des Praguois entourent un char d'assaut lors de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie, en août 1968.

Photo : Reuters / Libor Hajsky

Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, les chars soviétiques sont entrés dans Prague et dans les autres grandes villes tchèques. Ils ont mis fin au vent de liberté qui régnait au pays depuis l'arrivée au pouvoir d'Alexander Dubček, quelques mois plus tôt. L'historien André Champagne raconte cette invasion et la période d'euphorie qui l'a précédée, le printemps de Prague.

En janvier 1968, Moscou nomme Alexander Dubček à la tête du Parti communiste tchèque, en remplacement d’Antonín Novotný. D’origine slovaque, ce politicien, qui avait résisté à l’occupation nazie, met en place des réformes non souhaitées par l’Union soviétique.

L’espoir d’un pays plus libre
Dans un pays où la censure est sévère et la pensée étouffée, Dubček tient compte de la contestation des écrivains et des étudiants. Il met en place la liberté de presse et abolit la censure des journaux, de la radio et de la télévision. Il suscite aussi l’espoir de l’avènement d’un socialisme plus humain. Fin stratège, Dubček se montre toutefois prudent. Il a en mémoire la répression de l’Union soviétique contre soulèvement hongrois de 1956.

Moscou et les pays de l’Est ne voient pas d’un bon œil les réformes de Duček. Ils envisagent qu’une ouverture des frontières de la Tchécoslovaquie mènera à un exode de la population. Ils craignent aussi que la presse libre favorise le multipartisme.

L’Union soviétique met fin au printemps de Prague
Menacée par le printemps de Prague, l’Union soviétique envahit la Tchécoslovaquie dans la nuit du 20 au 21 août 1968. Entre 400 000 et 500 000 soldats et de 4500 à 7000 tanks permettent aux Soviétiques d’occuper le pays en 24  heures. Des avions militaires soviétiques investissent aussi l’aéroport de Prague.

Des Praguois font face à un char d'assaut lors de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie, en août 1968.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Praguois font face à un char d'assaut lors de l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie, en août 1968.

Photo : Reuters / Libor Hajsky

Les Tchèques n’arrivent pas à repousser l’envahisseur. Lorsque des projectiles sont lancés sur les chars d’assaut, les soldats soviétiques répliquent avec leurs mitraillettes. La résistance devient donc passive. On arrache les panneaux indicateurs ou on donne de mauvaises informations aux militaires soviétiques. Pendant une semaine, Radio Prague libre, une radio clandestine, diffuse des messages à travers le monde pour témoigner au quotidien de l’invasion soviétique.

Moscou arrête des dirigeants tchèques, puis écarte Alexander Dubček du pouvoir, en avril 1969. Plus de 70 000 Tchèques choisissent l’exil.

Le retour du socialisme inhumain
Avec l’invasion en Tchécoslovaquie, les Soviétiques montrent qu’ils peuvent intervenir dans n’importe quel pays socialiste, lorsque leur autorité est défiée. Il faudra attendre encore 19 ans et les réformes de Mikhaïl Gorbatchev avant la libération de l’emprise communiste sur la Tchécoslovaquie et les pays du bloc de l’Est.

La Tchécoslovaquie est redevenue un pays terne et gris, comme l’étaient les pays du bloc de l’Est.

André Champagne, historien

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