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La philosophie et l’idéologie doublées de violence du nazisme

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

La philosophie et l’idéologie doublées de violence du nazisme

Audio fil du jeudi 12 avril 2018
En 1936, le dirigeant nazi Adolf Hitler prononce un discours au Reichstag avec en toile de fond des croix gammées.

En 1936, le dirigeant nazi Adolf Hitler prononce un discours au Reichstag.

Photo : Getty Images

Derrière le nazisme, qui a semé la terreur dans les années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale, se cache toute une manière de voir le monde. L'historien français Johann Chapoutot décrit cette idéologie qu'il appelle « la révolution culturelle nazie ». Il explique qu'Hitler et ses partisans avaient pour objectif ultime de créer un surhomme issu de la race germanique.

L’Antiquité grecque et romaine fascine les nazis. Le dénigrement de la démocratie par Platon leur inspire l’idée du régime qu’ils souhaitent imposer. Au contraire, ils sont allergiques à la valeur d’égalité incarnée par la Révolution française et par les philosophes des Lumières.

Des œuvres détournées de leur sens
À tort ou à raison, les historiens évoquent les figures de Nietzche et de Kant comme ayant influencé le nazisme. Johann Chapoutot indique que leurs œuvres ont été réinterprétées et détournées par les nazis.

Quand les nazis arrivent au pouvoir, ils reprennent des idées très banales qui se trouvent un peu partout, mais ils les mettent en application avec une brutalité, une violence et une rapidité inouïes, parce qu’ils estiment que l’Allemagne est en danger de mort biologique, en danger de disparition.

Johann Chapoutot, historien

Aller jusqu’à assassiner pour rendre la race plus pure
L’humanité n’existe pas pour les nazis. Ils croient plutôt à l’existence de différentes races qui forment des espèces animales opposées les unes aux autres. Pour parvenir à la pureté de la race germanique, le régime d’Hitler met en place des politiques eugénistes.

Dès 1933, une loi prévoit la stérilisation obligatoire pour les malades considérés comme héréditaires, une loi qui entraînera 400 000 stérilisations. Puis, en 1935, les lois de Nuremberg interdisent les unions entre juifs et citoyens de sang allemand.

Pendant la guerre, les nazis poussent leur politique antisémite et eugéniste à l’extrême. Ils permettent l’assassinat des malades héréditaires, considérés comme des poids morts dans la course de l’Allemagne vers la victoire. Ils considèrent les Juifs comme un problème d’ordre médical, ce qui justifie une politique d’anéantissement entraînant des millions de morts.

Référence
La révolution culturelle nazie (Nouvelle fenêtre), de Johann Chapoutot, Éditions Gallimard, 2017.

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