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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 10 avril 2018

Winnipeg paralysée par une grève générale en 1919

Publié le

En juin 1919, le chef syndical Roger Bray s'adresse à des travailleurs en grève de Winnipeg.
En juin 1919, le chef syndical Roger Bray s'adresse à des travailleurs en grève de Winnipeg.   Photo : Archives du Manitoba / Winnipeg Free Press

Au printemps 1919, juste après la Première Guerre mondiale, une grève générale a eu lieu à Winnipeg pendant plus d'un mois. Le professeur d'histoire Harold Bérubé parle de l'importance de ce conflit syndical mythique qui s'est terminé par un affrontement violent entre la police fédérale et les grévistes.

En mai 1919, 12 000 travailleurs de Winnipeg entament une grève pour faire plier les patrons des secteurs de la métallurgie et de la construction. Ils revendiquent, entre autres, le droit de négociation collective, des heures de travail plus courtes et un meilleur salaire.

Des milliers d’autres travailleurs de la Ville, syndiqués ou non, et des ouvriers d’ailleurs au pays se joignent au mouvement de grève par solidarité. À l’époque de la révolution bolchévique, cette mobilisation préoccupe les autorités.

Il s’agissait d’un conflit ouvrier d’une ampleur qu’on n’avait jamais vue au Canada.

Harold Bérubé, professeur d'histoire

Comme 94 des 96 syndicats de Winnipeg participent au conflit, dont ceux des policiers et des chauffeurs d’autobus, ce sont des grévistes qui gouvernent la ville. Ils distribuent de la nourriture et assurent le maintien des services essentiels.

Envoyer la police au lieu de permettre la négociation
En plus d’affronter les gouvernements municipal, provincial et fédéral, les grévistes doivent aussi faire face à un mouvement antigrève. Le comité des 1000 citoyens, une association patronale formée de l’élite de la ville, nourrit l’idée que la grève est un mouvement révolutionnaire qu’il faut anéantir. L’association crée aussi une police antigrève.

Un tramway est renversé lors de la grève de Winnipeg en 1919.
Un tramway est renversé lors de la grève de Winnipeg en 1919.   Photo : Archives du Manitoba / Winnipeg Free Press

Après six semaines de débrayage, la tension monte d’un cran. Le maire proclame la Loi sur les mesures de guerre. Les autorités nationales envoient des renforts et ordonnent l’emprisonnement des chefs syndicaux. Le 21 juin, le « samedi sanglant », la police fédérale charge les manifestants. La confrontation fait au moins un mort et une trentaine de blessés.

Le mouvement syndical s’essouffle après le 21 juin. À court terme, son seul gain est l’ouverture d’une commission royale d’enquête, qui donnera raison aux ouvriers. La grève générale de Winnipeg constitue cependant un premier pas vers l’obtention du droit de négociation par le mouvement syndical canadien, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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