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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 14 mars 2018

La loi sur la laïcité de 1905 : une séparation entre les Églises et l’État en France

Publié le

Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, ministre de l'Instruction publique sépare avec une scie des personnages représentant l'Église et l'État.
Caricature de Charles Léandre, parue dans Le rire du 20 mai 1905, qui illustre la séparation entre l'Église et l'État en France.   Photo : Bibliothèque nationale de France

En 1905, une loi est adoptée en France pour retirer les Églises catholique, protestante et juive de la sphère politique et des écoles. C'est d'abord avec la Révolution française que le clergé a perdu certains de ses privilèges, selon le professeur d'histoire au Collège Dawson Frédéric Bastien, qui raconte la marche de la France vers la laïcité.

À la fin du 18e siècle, la Révolution française rompt l’unité existante entre l’État et la religion. La monarchie et le clergé perdent alors leur pouvoir absolu. Le gouvernement met en branle une politique de déchristianisation.

Sous Napoléon, la religion retrouve une certaine place dans l’État. Le pape Pie VII signe le Concordat de 1801 qui établit une paix religieuse. La religion catholique est officiellement reconnue comme celle de la majorité des Français. Les prêtres, les pasteurs protestants et les rabbins deviennent des fonctionnaires de l’État.

Le combat entre les deux France
Toutefois, les compromis mis en place à l’époque de Napoléon divisent la France. D’un côté, les monarchistes cléricaux voient la France comme la fille aînée de l’Église et souhaitent accorder plus de place à la religion. De l’autre, les anticléricaux républicains trouvent que l’Église a trop d’influence et réclament une école et des services sociaux laïques.

Les républicains obtiennent gain de cause lorsque le ministre de l’Instruction publique Jules Ferry rend l’école publique obligatoire et laïque. Dès lors, l’enseignement religieux se fait en dehors de l’école.

La loi sur la laïcité qui a transformé la France
Portée par les socialistes en 1905, la Loi concernant la séparation des Églises et de l’État met fin aux salaires des religieux. Par celle-ci, le gouvernement ne reconnaît plus l’utilité sociale de la religion, mais il préserve le droit au culte. L’État protège aussi les non-croyants en empêchant toute religion d’imposer ses rites.

C’est une loi mythique, fondamentale, qui a au fil du temps, malgré l’opposition rencontrée à l’époque de son adoption, a fini par rallier une grande majorité de Français derrière l’idée que l’État et la religion doivent être séparés, que la religion relève de la sphère privée.

Frédéric Bastien, professeur d’histoire au Collège Dawson

Le débat se poursuit
Avec la montée de l’islam en France, le débat sur la laïcité a resurgi à la fin du 20e siècle. En 2004, le sentiment de méfiance des Français face à la religion a poussé l’État à adopter une loi sur l’interdiction du port ostensible de signes religieux à l’école. La polémique entourant le port du voile fait en sorte que, depuis quelques décennies, la loi de 1905 est souvent évoquée dans l’actualité.

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