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Jacques Beauchamp
Audio fil du lundi 5 mars 2018

Richard Nixon, un républicain aux élans parfois progressistes

Publié le

Portrait de famille formel en noir et blanc. La famille est assise au sofa dans une pièce de la Maison-Blanche.
Le président Richard Nixon entouré de sa femme, de ses filles et de son gendre, le 15 juin 1969, à la Maison-Blanche   Photo : Getty Images / Archives nationales américaines

Politicien pragmatique, Richard Nixon a connu une présidence marquée au fer rouge par le scandale du Watergate. Dans l'ombre de cette affaire se cachent toutefois certaines mesures politiques progressistes, qui n'étaient pas attendues d'un républicain à cette époque, note la professeure Karine Prémont.

Nixon arrive au pouvoir en janvier 1969, à la fin d’une décennie très troublée. John F. Kennedy, son frère Robert, Martin Luther King et Malcolm X ont été assassinés. Des protestations ont lieu sur plusieurs fronts. La guerre du Vietnam génère toujours plus de colère au sein de la population. Les mouvements des droits civiques exigent un apaisement des inégalités raciales.

La situation économique du pays est aussi très complexe à ce moment. La crise pétrolière de 1973 fera plonger le pays dans la récession malgré les mesures qui seront mises de l’avant par le gouvernement Nixon.

Beaucoup de pain sur la planche
« La politique intérieure ne passionne pas tellement le président, il fera volontiers des compromis », souligne Karine Prémont, qui enseigne la politique appliquée à l’Université de Sherbrooke.

Richard Nixon est un politicien pragmatique qui choisit ses batailles. Il intègre des démocrates dans certains comités politiques pour trouver des mesures qui améliorent la vie des Américains. Cette ouverture ne fait pas l’unanimité au sein de son propre parti.

Il souhaite mettre fin à la discrimination contre les femmes, notamment en éducation. On lui prête aussi une sensibilité aux revendications des peuples autochtones.
En environnement, l’EPA (Environmental Protection Agency), l’agence qui vise à protéger l’environnement, est créée sous sa présidence, tout comme le département des Ressources naturelles.

Des projets de loi pour créer une assurance maladie pour les plus démunis et une forme de filet de sécurité sociale, sont bloqués par les démocrates, majoritaires aux deux paliers de pouvoir.

« Nixon a été un président compliqué pour qui tout était calculs et stratégie. Ce qui va l’amener à faire des gestes extrêmement positifs et d’autres, négatifs, voire carrément illégaux dans certains cas. »

Le président Richard Nixon en compagnie d'Elvis Presley, le 21 décembre 1970 à la Maison-Blanche
Le président Richard Nixon en compagnie d'Elvis Presley, le 21 décembre 1970 à la Maison-Blanche Photo : Getty Images/National Archives

La loi et l’ordre
Sa fibre fortement conservatrice transpire particulièrement au sujet de la sécurité. Il met sur pied une politique très musclée pour tenter d’enrayer le fléau du trafic de drogue. Il se donne des moyens à la hauteur de ses ambitions en créant la DEA (Drug Enforcement Agency) en 1973.

Ses choix lors de la nomination de quatre juges à la Cour suprême dénotent aussi une rigidité idéologique.

Lorsque sera révélé le camouflage, par Nixon, du cambriolage des bureaux du parti démocrate orchestré par des proches républicains, le président n’aura d’autre choix que de démissionner. Considéré comme un paranoïaque calculateur, il quitte le pouvoir dans la disgrâce le 9 août 1974.

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