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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Pierre Péladeau, magnat de la presse allergique à la prétention

Audio fil du lundi 26 février 2018
Pierre Péladeau pose en 1985 devant les presses servant à imprimer <i>Le Journal de Montréal</i>.

Pierre Péladeau pose en 1985 devant les presses servant à imprimer Le Journal de Montréal.

Photo : La Presse canadienne

Amateur de Beethoven et de Nietzsche, Pierre Péladeau avait des idées de grandeur quand il a acquis son premier journal en 1950. Doté d'une énergie à toute épreuve, le magnat de la presse a misé sur un format, le tabloïd, comme assises d'un empire, Québecor. Au fil d'acquisitions d'autres journaux et d'imprimeries, Péladeau a propulsé un ensemble économique puissant, géant des communications et du divertissement, explique Jean-François Nadeau, historien et journaliste.

Pierre Péladeau est issu d’une famille d’Outremont. Il a fréquenté les meilleures écoles. Toutefois, son père, un marchand de bois, a connu un revers important et a dû faire faillite.

Une première acquisition
Pierre Péladeau se découvre la bosse des affaires quand il achète son premier journal hebdomadaire à 25 ans, en 1950. Le Journal de Rosemont est moribond, et il l’obtient pour 1500 $. Il engage Pierre Vadeboncoeur comme seul journaliste et fait de cette parution un succès.

Cette bonne affaire lui permet d’ajouter d’autres journaux à son tableau. L’Illustration nouvelle et Le Petit journal, sont des tabloïds depuis plusieurs années. Il acquiert des imprimeries de même que les éditions Fidès, qu’il reprend des mains de religieux.

Le 15 juin 1964, il crée le Journal de Montréal. Il profite de circonstances favorables pour y arriver. À cette époque, le quotidien La Presse est empêtré dans un conflit de travail avec ses employés qui durera plus de neuf mois. Pierre Péladeau sent qu’il y a de l’espace pour un nouveau quotidien et propose d’offrir un journal accessible au plus grand nombre.

Doté d'un grand flair, le magnat de la presse investit dans une entreprise de messagerie de presse qui lui permet d'imposer son produit rapidement et sur un vaste territoire.

Les « 4 s »
Il établit son quotidien selon la formule éprouvée des « 4 s » : sexe, sang, sport et spectacle. L’homme de presse, d’allégeance souverainiste, refuse toutefois d’imposer une ligne éditoriale à ses journaux. Il engage des chroniqueurs de tous les horizons politiques en leur donnant carte blanche.

En 1970, il offre à René Lévesque d’écrire des chroniques sur le sujet de son choix. Payé 200 $ la semaine pour écrire pas moins de 6 textes, Lévesque demeure à l’emploi du Journal jusqu’à l’élection du Parti québécois, en 1976. Jean-François Nadeau rappelle que Lévesque avait les capacités intellectuelles pour fournir autant de textes sur des sujets variés.

Encouragé par l’énorme succès de ses tabloïds au Québec, Péladeau tente d’exporter son concept. Il se casse les dents avec le Philadelphia Journal. Il va aussi lancer un tabloïd pour la population anglophone de Montréal, le Montreal Daily News, sans grand succès. Après 21 mois, ce dernier s’écrase.

Pierre Péladeau se concentre ensuite à solidifier son empire, Québecor. À la fin des années 1990, il passe la main à ses fils Érik et Pierre Karl. Il meurt le 24 décembre 1997.

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