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La naturaliste Marcelle Gauvreau sur les pas du frère Marie-Victorin

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30

La naturaliste Marcelle Gauvreau sur les pas du frère Marie-Victorin

Audio fil du mercredi 21 février 2018
Marcelle Gauvreau cueille un bouquet de fleurs.

Marcelle Gauvreau, la directrice de l'École de l'Éveil, en 1941

Photo : Archives du Jardin botanique de Montréal

Marcelle Gauvreau (1907-1968) a été l'assistante et la confidente du botaniste Marie-Victorin pendant de nombreuses années. Dans les années 1930, elle a fondé l'École de l'éveil du Jardin botanique de Montréal afin d'initier les enfants de 4 à 7 ans aux sciences naturelles. La journaliste Marianne Desautels-Marissal raconte le parcours de cette femme marquante de l'histoire des sciences au Québec.

Issue d’un milieu aisé, Marcelle Gauvreau voit le jour à Rimouski. Sa famille déménage à Montréal après qu’un accident de voiture eut laissé son père handicapé. Pendant son enfance, bouleversée par la poliomyélite et la tuberculose, la jeune fille développe un amour de la nature.

À l’été 1930, elle participe à un concours lancé par le frère Marie-Victorin : ce dernier invite les jeunes Québécois à parcourir la forêt laurentienne pour constituer des herbiers. Le botaniste, un ami de la famille de Marcelle Gauvreau, remarque sa candidature et décide de la prendre sous son aile.

La vocation de vulgarisatrice
Marcelle Gauvreau laisse tomber une formation en lettres et en philosophie pour étudier les sciences naturelles à l’Université de Montréal. Elle obtient sa licence en 1933, puis fait une maîtrise pendant laquelle elle herborise des algues de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent.

Une des premières femmes à faire carrière en science au Québec, Marcelle Gauvreau communique ses découvertes dans des conférences et écrit des chroniques pour les jeunes naturalistes. Avec l’appui du frère Marie-Victorin, elle crée au Jardin botanique de Montréal l’École de l’éveil, un lieu d’enseignement qu’elle dirige pendant 33 ans.

Tout comme pour le frère Marie-Victorin, il était très important pour elle que les francophones s’approprient le savoir et investissent le domaine scientifique.

Marianne Desautels-Marissal, journaliste scientifique
Marcelle Gauvreau prend des notes dans un cahier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marcelle Gauvreau à l’Institut botanique (1939)

Photo : Archives de l’Université de Montréal

Une correspondance étonnante avec Marie-Victorin
Une grande affection se développe entre Marcelle Gauvreau et le frère Marie-Victorin, qui est de 22 ans son aîné. Entre 1933 et 1944, les deux collègues tiennent une correspondance où ils témoignent d’expériences sexuelles à des fins d’exploration scientifique. Il y a un côté transgressif dans leurs lettres où ils critiquent le tabou qui entoure la sexualité humaine.

En 1944, le frère Marie-Victorin meurt dans un accident de voiture. Marcelle Gauvreau est inconsolable. Sans la protection de son mentor, elle doit se battre pour que son travail scientifique soit reconnu. Malgré ces difficultés, sa carrière aura défriché le chemin à d’autres femmes scientifiques.

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