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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 24 janvier 2018

Philippe Aubert de Gaspé et Les anciens Canadiens

Publié le

Illustration de Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871)
Philippe Aubert de Gaspé, l'auteur du roman Les anciens Canadiens   Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Issu de la noblesse seigneuriale, Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871) avait plus de 70 ans lorsqu'il a publié en 1863 Les anciens Canadiens, un récit qui idéalise l'époque de la Nouvelle-France. Le professeur de lettres et humanités Claude La Charité raconte l'histoire du roman, le premier classique de la littérature québécoise, et de son auteur.

Un pied de nez à Lord Durham
Roman historique dont le point central est la guerre de la Conquête, Les anciens Canadiens décrit l’époque du régime français et les conséquences plutôt heureuses de la Conquête pour les Canadiens. À partir de 1763, ceux-ci peuvent faire partie du puissant Empire britannique.

Le livre met en scène deux amis : Jules d’Haberville, le fils du seigneur de Saint-Jean-Port-Joli, et Archibald Cameron de Locheill (Arché), un orphelin écossais. À leur grand désarroi, ces frères adoptifs doivent s’affronter sur le champ de bataille des plaines d’Abraham.

C’est une œuvre importante, parce qu’elle cherche à apporter un démenti au rapport Durham, qui avait tiré la conclusion que les Canadiens étaient un peuple sans histoire et sans littérature.

Claude La Charité, professeur de lettres et humanités

Philippe Aubert de Gaspé, un conteur brillant
Juriste de profession, Philippe Aubert de Gaspé obtient le poste prestigieux de shérif de Québec en 1816. Toutefois, en 1822, on le destitue de sa charge en raison d’un détournement d’argent. Son procès, qui n’a lieu qu’en 1838, le condamne à plus de trois ans d’emprisonnement. C’est la déchéance sociale pour lui.

Bien qu’il soit un excellent conteur, Philippe Aubert de Gaspé se fait devancer de 30 ans par son fils en matière d’écriture d’une œuvre fictive. En 1837, Philippe Aubert de Gaspé fils publie L’influence d’un livre, le premier roman de notre littérature.

Une vision harmonieuse du régime seigneurial
En 1863, Les anciens Canadiens obtient un grand succès qui se poursuivra au fil des décennies. Il répond à un besoin de nostalgie qu’éprouvent beaucoup de Canadiens français par rapport à la Nouvelle-France et à la civilisation qui a pris fin avec la Conquête.

L’auteur se plaît à représenter un monde qui serait pratiquement parfait, harmonieux à tous les points de vue. Le seigneur bienveillant traite ses paysans, ses censitaires, presque comme des membres de sa propre famille.

Philippe Aubert de Gaspé veut montrer que les seigneurs n’étaient pas des exploiteurs, mais le ciment du régime français. […] C’est probablement trop beau pour être absolument vrai.

Claude La Charité, professeur de lettres et humanités

En 1866, Philippe Aubert de Gaspé publie ses mémoires. Il y relate sa vie de 1780 à 1820. Comme dans son roman, il ajoute des notes et des compléments pour démontrer que ce qu’il y raconte a un ancrage historique. Il s’abstient toutefois de parler d’événements ultérieurs à 1820, une époque pour laquelle il n’avait plus rien à raconter, puisqu’il n’existait plus socialement.

Références
Philippe Aubert de Gaspé : mémorialiste, Marc-André Bernier et Claude La Charité, Presses de l’Université Laval, 2009

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