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Jacques Beauchamp
Audio fil du mardi 24 octobre 2017

Le génocide des Arméniens de 1915, un crime encore ignoré par la Turquie

Publié le

Cadavres d'Arméniens dans un chemin près d'Ankara, en 1915
Des scènes de massacres d'Arméniens comme celle-ci étaient communes dans l'empire Ottoman en 1915.   Photo : Mémoire de l'ambassadeur Morgenthau

Entre 1915 et 1922, 1,5 million d'Arméniens ont été massacrés par les Turcs ottomans. La professeure d'histoire à l'Université de Moncton Joceline Chabot décrit l'horreur du génocide des Arméniens, un drame qui se raconte de génération en génération.

Il est aujourd’hui largement admis que les événements de 1915 constituent le premier génocide du 20e siècle. Cette tragédie occupe une place importante dans la mémoire des Arméniens du monde entier.

Des États, des gouvernements et le pape ont reconnu le caractère génocidaire des événements de 1915.

Joceline Chabot, historienne

Des persécutions antérieures au génocide
Les Arméniens de l’Empire ottoman commencent à être persécutés dès la fin du 19e siècle. De 1894 à 1896, le sultan commande l’extermination d’environ 200 000 Arméniens. En 1909, un autre massacre, dans la région d’Adana, fait entre 20 000 et 30 000 victimes.

Une mécanique génocidaire infernale
En février 1915, le comité Union et Progrès, qui est à la tête de l’Empire ottoman, planifie l’extermination du peuple arménien. Cette décision se prend en pleine Première Guerre mondiale.

Le 24 avril 1915, les autorités ottomanes de Constantinople arrêtent plus de 1000 notables, puis les tuent ou les déportent dans les semaines suivantes. C’est une façon de se débarrasser de l’élite arménienne de l’Empire.

Le génocide des Arméniens se fait par la suite de façon systématique et arbitraire. On annonce à la population qu’elle doit se préparer à quitter villes et villages. Les gens ont parfois 48 heures pour faire leurs bagages et partir vers l’inconnu.

Déporter sous prétexte de protéger
Le principal moyen adopté pour exterminer les Arméniens consiste à les faire marcher dans les déserts. Le prétexte officiel est qu’il faut déplacer des populations pour leur sécurité et la sécurité de l’Empire, parce que les troupes russes sont aux portes du Caucase.

La majorité des femmes, enfants et vieillards déportés meurent de faim, de soif, de froid au cours de ce long supplice. On inflige des violences sexuelles à des milliers de femmes, ou on les enlève afin qu’elles deviennent servantes ou pour les marier de force.

Chaque fois, lorsqu’ils sont sortis des villages, des villes, les hommes sont séparés des femmes et des enfants et rapidement éliminés, souvent fusillés. Les femmes, les vieillards et les enfants sont acheminés vers les routes de la déportation.

Joceline Chabot, historienne

Les responsables non condamnés
La communauté internationale est au courant des massacres qui ont lieu dans l’Empire ottoman en 1915, 1916 et jusqu’en 1922. La France, la Grande-Bretagne et la Russie dénoncent les événements, mais ne jugent pas comme promis les coupables après la guerre.

Des procès ont lieu à Constantinople à la suite de l’accusation de membres du comité Union et Progrès. Les principaux responsables du génocide sont toutefois extradés vers l’Allemagne et échappent à la condamnation.

Référence
Le génocide des Arméniens : représentations, traces, mémoires, sous la direction de Joceline Chabot, Marie Michelle Doucet, Sylvia Kasparian, Jean-François Thibault, Presses de l’Université Laval, 2017

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