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Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

1840, le Québec se découvre une immense ferveur religieuse

Audio fil du lundi 25 septembre 2017
Illustration d'époque montrant la métropole recouverte de champs et de forêts

Vue de Montréal en 1840

Photo : Archives de la Ville de Montréal

Le Québec d'antan n'a pas toujours été sous le joug de la classe ecclésiastique. Ce n'est que vers 1840 que le clergé, mené par Mgr Ignace Bourget, a insufflé cette passion à la population. Des vocations sont nées, les idées modernes ont été rejetées en bloc et l'Église a encadré fermement ses ouailles pour faire du Québec l'une des sociétés les plus religieuses du monde, relate l'historien Éric Bédard.

Jusqu’à cette première moitié du 19e siècle, le Québec n’était pas particulièrement épris de la chose religieuse. Une bonne partie de la population faisait preuve d’indépendance d’esprit face à la religion. Un manque de prêtres était aussi à déplorer. La vocation était tiède.

À l’origine d'un renouveau religieux
Deux écoles de pensée s’opposent pour déterminer comment est née la ferveur religieuse autour de 1840, et pourquoi elle a embrasé l’ensemble de la province.

La première école propose qu’elle soit le résultat d’un contrôle social piloté par les hauts dirigeants cléricaux, explique Éric Bédard. On laisse entendre que le clergé a profité du vide créé par l’échec des rébellions de 1837 pour imposer sa vision et ses normes de conduite à la population.

La seconde école penche plutôt du côté d’un mouvement organique émergeant de la population elle-même. Afin de donner un sens à leur existence, les Québécois, accablés notamment par la grave crise économique de l’époque, se sont tournés vers la religion pour obtenir du réconfort et des réponses à leurs interrogations.

Quel que soit le scénario, l’Église a saisi l’occasion pour stimuler la passion du peuple.

Le rôle déterminant de Mgr Bourget
Mgr Ignace Bourget, homme très énergique et très orthodoxe, a pris les choses en main. Il a encouragé l’installation au Québec des Oblats et des Jésuites, parmi d’autres congrégations venues d’Europe. Le travail de prosélytisme a pu commencer.

Par ailleurs, l’arrivée de deux prédicateurs, l’un Français, Charles de Forbin-Janson, et l’autre Québécois, Charles Chiniquy, a laissé une impression marquante sur le citoyen moyen lors de ce tournant de la ferveur religieuse.

Parmi les signes les plus spectaculaires engendrés par ces opérations de séduction : un engouement marqué pour la tempérance.

Charles de Forbin-Janson a été considéré comme un véritable réactionnaire. Il a condamné les idées modernes. Il a invité les gens à se purger du péché pour avoir osé contester l’autorité de Dieu

Éric Bédard, historien à la TÉLUQ

La tempérance a fait partie des premières étapes de cette purgation.

La pratique du catholicisme s’est répandue; les églises se sont remplies. On a noté un intérêt accru pour le jeûne, pour le carême. Les vocations religieuses ont augmenté en flèche. À cette époque, il était certainement prestigieux de compter dans sa famille un religieux ou une religieuse.

Autre phénomène : les croix de chemin sont apparues en grand nombre pour, disait-on, protéger les paroisses.

Cette ferveur a maintenu sa force jusqu’en 1860, après quoi elle s'est tranquillement étiolée jusqu’à la fin du 19e siècle.

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