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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 21 septembre 2017

Le serment de Kingston ou la promesse de secours mutuel du Canada et des États-Unis

Publié le

Franklin Delano Roosevelt discute avec Wiliam Lyon Mackenzie King en 1941, en Georgie.
Franklin Delano Roosevelt discute avec Wiliam Lyon Mackenzie King en 1941, en Georgie.   Photo : Getty Images / Keystone

Voyant se profiler la Seconde Guerre mondiale, le président Franklin Delano Roosevelt et le premier ministre William Lyon Mackenzie King ont pour la première fois été bons voisins en 1938, promettant de se venir mutuellement en aide en cas d'attaque. Certains Canadiens y ont vu une menace d'atteinte à la souveraineté du pays, explique le chercheur Stéphane Roussel.

Ce qu’on appelle le serment de Kingston n’existe pas vraiment en tant qu’accord officiel entre les deux pays, mais l’histoire désigne ainsi les déclarations faites par Franklin Delano Roosevelt et William Lyon Mackenzie King à quelques mois d’intervalle en 1938, tous deux prenant l’engagement moral de porter secours à l'autre. C'est un accord a priori militaire, dont les principes jettent aussi les bases de la relation diplomatique qui commence à se tisser entre le Canada et les États-Unis. Sur son modèle, de nombreuses ententes bilatérales prévoient une certaine parité et assurent au Canada de pouvoir négocier à égalité avec son riche et puissant voisin.

Une admirable réciprocité

Les États-Unis ne resteraient pas indifférents si une grande puissance menaçait la sécurité physique du Canada à cause de la participation de ce pays à une guerre en Europe.

Franklin Delano Roosevelt, en 1938

Dans le discours qu’il prononce à l’université Queen’s, le président américain Franklin Delano Roosevelt multiplie les références aux intérêts communs des deux pays et prévoit une ère de consultation assidue du voisin. Il instaure une nouvelle dynamique dans les relations diplomatiques canado-américaines, lesquelles, jusque là, existaient à peine. Le Canada entre dès lors dans une nouvelle période de son histoire, quittant l’orbite britannique pour devenir pleinement nord-américain.

La réponse du premier ministre canadien, William Lyon Mackenzie King, ne tarde pas.

Nous ne pouvons pas permettre que le territoire canadien serve de voie d'approche pour lancer des attaques contre les États-Unis.

William Lyon Mackenzie King, en 1938

En route vers NORAD
L’engagement moral pris par les deux pays en 1938 se concrétise d’abord par la mise en place de la Commission mixte canado-américaine de défense (1940), puis par la création de NORAD (1957), un commandement conjoint pour la défense aérienne et aérospatiale, contre d’éventuelles attaques aériennes venant de l’extérieur. Autrement dit, une partie de l’aviation canadienne est placée sous commandement américain.

Le Canada est vivement critiqué : accepter de perdre le contrôle sur ces activités militaires équivaut, selon de nombreux acteurs politiques, à perdre une partie de la souveraineté du pays.

Mais les événements du 11 septembre 2001, quand des avions provoquent l’effondrement du World Trade Center à New York et entraînent l’Amérique dans une guerre contre l’Afghanistan et l’Irak, montrent qu’il n’en est rien. Le Canada se joint d’abord aux forces américaines en Afghanistan, mais refuse, quelques années plus tard, de faire de même en Irak. « On comprend alors que le Canada a toujours le droit de dire non, conclut Stéphane Roussel. Son refus n’a pas de conséquences majeures : pas de représailles, pas d’effet sur l’économie. »

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