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Jacques Beauchamp
Audio fil du vendredi 15 septembre 2017

Le bingo au Québec, une vraie passion collective pendant 30 ans

Publié le

Un gagnant de bingo, assis avec d'autres joueurs, lève la main. Cette partie a lieu au 4555, avenue Notre-Dame-de-Grâce à Montréal en 1941.
Cette partie de bingo a lieu au 4555, avenue Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal en 1941.   Photo : Conrad Poirier / Bibliothèque et Archives nationales du Québec

« Moé, j'aime ça le bingo! » La réplique des Belles-sœurs, de Michel Tremblay, mais aussi la chanson que Daniel Bélanger en a tirée dans la récente comédie musicale dérivée, cristallise la popularité qu'a eue le bingo dans la vie des Québécoises entre les années 60 et 90. L'historien Laurent Turcot pose son regard sur ce jeu d'abord conspué par le clergé puis autorisé à réaliser sa formidable ascension dans la Belle Province.

Jouer au bingo, ça se fait dans le brouhaha d’une grande salle remplie de monde. Voilà qui explique la popularité du jeu, au-delà de son ludisme ou des perspectives de gain. Le bingo a été chéri parce qu’il permettait à celles qui le pratiquaient de socialiser. Presque strictement joué par des femmes, il répondait à leur besoin d’évasion. L’homme allait à la taverne; la femme allait au bingo. Un moment de grâce au cœur de dures semaines de travail domestique.

Des origines qui remontent à loin
Selon Laurent Turcot, on peut remonter jusqu’à la Renaissance pour trouver les premières traces des jeux qui seraient les ancêtres du bingo, nés en Europe en même temps que l’impression. Les jeux de loto, notamment ceux qui sont basés sur des séries de chiffres constituées au hasard en faisant tourner un boulier, ont été les premières loteries d’État et les premières formes de « taxation volontaire ».

Mais ce qu’on appelle le bingo est apparu plus tard aux États-Unis. Les chercheurs identifient deux sources possibles de paternité : la première étant attribuée à Hugh J. Ward, auteur en 1933 d’un livre établissant les règles de ce jeu observé dans les fêtes foraines américaines des années 20. L’autre père du bingo serait Edwin S. Lowe, un vendeur new-yorkais qui a élaboré avec un professeur de mathématiques une déclinaison de possibilités pour une carte de jeu. Le bingo s’est ensuite répandu dans plusieurs États, à commencer par la Pennsylvanie et la Floride.

L’histoire conflictuelle du bingo au Québec
Le Québec a suivi la vague tardivement, mais passionnément. C’est la Révolution tranquille qui a libéré les chaînes. Avant les années 60, le clergé, très puissant au Québec, interdisait les jeux de hasard, considérés comme une « spéculation sur la providence divine ». Ironiquement, l’église a ensuite utilisé le bingo pour renflouer ses coffres. Mais pas pour longtemps : les vieilles valeurs catholiques ont repris le dessus et le bingo a été chassé de l’église pour renaître dans des structures sans but lucratif, avant d’être repris par Loto-Québec après quelques scandales de détournement de fonds.

Aujourd’hui, le bingo n’a plus la cote, remplacé par des jeux virtuels, de plus en plus populaires. Il aura pratiquement été l’affaire d’une seule génération.

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