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Jacques Beauchamp
Audio fil du jeudi 7 septembre 2017

Honoré Mercier et la première conférence interprovinciale

Publié le

Les dirigeants de cinq provinces du Canada se rencontrent à Québec en 1887. Ils posent en veston devant une table où se trouvent des piles de livres.
Les dirigeants de cinq provinces du Canada se rencontrent à Québec en 1887 à l'instigation du premier ministre du Québec Honoré Mercier (deuxième homme assis, à partir de la gauche)   Photo : Bibliothèque et archives du Canada

Du 20 au 28 octobre 1887, Québec accueillait les premiers ministres des provinces lors d'une conférence où il était entre autres question d'autonomie provinciale. L'historien Éric Bédard décrit la pensée politique de l'instigateur de l'événement, le premier ministre du Québec Honoré Mercier. Il explique ensuite le contexte de cette première conférence interprovinciale.

Après avoir créé le Parti national, une alliance entre des libéraux et des conservateurs déçus, l’avocat Honoré Mercier prend le pouvoir au Québec au début de l’année 1887. Il réussit à se faire élire en défendant l’autonomie des Canadiens français et en condamnant ceux qui ont rendu possible la pendaison du Métis Louis Riel, en 1885.

Les provinces se rencontrent sans Ottawa
Le 24 septembre 1887, Honoré Mercier envoie aux premiers ministres des provinces des lettres pour inviter les provinces à une conférence interprovinciale. L’Ontario, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse acceptent l’invitation.

Les premiers ministres se rencontrent, cette fois-ci en l’absence de représentants du gouvernement fédéral. Ils discutent entre eux de l’avenir de la Confédération, de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, des pouvoirs de l’État central et des provinces. L’expérience se répétera et deviendra une tradition.

L’envoi d’un signal au gouvernement fédéral
La conférence de Québec de 1887 débouche sur 24 résolutions, qui n’auront pas d’effets immédiats. Selon Éric Bédard, même si cette conférence n’a pas beaucoup de suites concrètes, il s’agit d’un jalon important dans la forme que prendront les relations des provinces avec le gouvernement fédéral.

En 1887, les premiers ministres émettent leur souhait de faire disparaître le droit de désaveu d’une loi provinciale par Ottawa. Ils proposent aussi que la moitié des sénateurs soit choisie par les provinces et des révisions majeures en matière de fiscalité. Enfin, ils demandent à ce que la constitution de chaque province puisse être amendée, modifiée selon les désirs des législatures.

Concrètement, il n’y aura pas d’amendement constitutionnel, il n’y aura pas de changements significatifs à la suite de 1887. Mais il y a un signal envoyé par les provinces. Il y a une nouvelle conception du Canada qui prend forme.

Éric Bédard, historien

Référence
Honoré Mercier par lui-même : fiction historique, de Claude Corbo, Del Busso Éditeur, 2016

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