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Jacques Beauchamp
Audio fil du mercredi 6 septembre 2017

Byzance, Constantinople, Istanbul : la ville aux multiples identités

Publié le

Vue d'Istanbul et de l'estuaire de la Corne d'Or au moment d'un coucher de soleil. Des bateaux traversent le cours d'eau et on peut voir l'église Sainte-Sophie.
Vue d'Istanbul et de l'estuaire de la Corne d'Or   Photo : iStock

La cité grecque de Byzance a été créée vers 667 avant notre ère, au carrefour de l'Europe et de l'Asie. Cette ville a ensuite porté le nom de Constantinople. Elle a été à la tête de l'Empire byzantin, puis de l'Empire ottoman, avant d'être nommée Istanbul en 1930, sous le règne d'Atatürk. L'historien Raphaël Weyland raconte les nombreuses transformations de cette capitale au cours des siècles.

Istanbul représente la rencontre entre les civilisations de l’Occident et de l’Orient, entre le paganisme et le christianisme. La ville est demeurée 2600 ans un grand centre commercial, culturel, administratif et politique.

Un site géographique exceptionnel
Les fondateurs de Byzance choisissent une position géographique stratégique. Le détroit du Bosphore traverse la ville tout en étant un point de passage entre l’Asie et l’Europe. Il relie la mer Noire et la mer de Marmara, qui débouche vers la Méditerranée. Entre ces deux mers, un cours d’eau, appelé la corne d’or, assure l’alimentation en eau douce de la ville.

Les empereurs de l’Empire byzantin se servent de l’enclavement du détroit du Bosphore pour empêcher les navires de passer et lever des taxes.

Byzance devient Constantinople
Le 11 mai 330, l’empereur romain Constantin le Grand s’empare de Byzance et la rebaptise Constantinople. La ville fait déjà partie de l’Empire romain depuis le 1er siècle avant notre ère, mais elle devient la capitale de l’Empire romain d’Orient. À partir de 476, l’Empire romain d’Occident s’effondre, alors que Constantinople maintiendra son influence près de 1000 ans.

Au 6e siècle, l’Empire romain d’Orient connaît son extension maximale. L’empereur Justinien Ier hérite d’un empire qui va de la Grèce à l’Égypte. Il y ajoute les provinces de l’Empire romain d’Occident : l’Italie, l’Afrique du Nord et une partie de l’Espagne. Constantinople est à ce moment considéré comme la capitale du monde.

Un lent déclin
Au 13e siècle, les Croisés attaquent les chrétiens orthodoxes et pillent Constantinople. L’Empire romain d’Orient survit encore deux siècles, mais en 1453, les Turcs s’emparent de la ville. L’Empire romain disparaît pour de bon. Des sultans règnent à la place des empereurs.

Les chrétiens orthodoxes conservent leur place au sein de l’Empire ottoman et la ville de Constantinople demeure la tête dirigeante de l’Église orthodoxe jusqu’au 20e siècle. L’Empire ottoman est multiethnique et multiconfessionnel. Les Grecs et les Arméniens y ont un rôle commercial et administratif de premier plan.

La révolution d’Atatürk
Après la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman est affaibli. Le sultan signe en 1920 le traité de Sèvre, dans lequel il accepte que ses possessions soient écartelées tout en restant sur le trône à Constantinople. La population et les officiers turcs avec à leur tête Mustafa Kemal refusent ce dictat occidental et le sacrifice de la Turquie pour le bien-être du sultan.

Mustapha Kemal prend le pouvoir en Turquie. Il force le sultan à l’exil et prend le nom symbolique d’Atatürk, le père des Turcs. Il entreprend ensuite une série de réformes qui prennent pour cible l’islam et les traditions de l’Orient. Ankara devient sous son règne la capitale politique de la Turquie, mais Istanbul en demeure la capitale économique.

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