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Quand Montréal avait son laboratoire secret sur la recherche nucléaire

Aujourd'hui l'histoire

Avec Jacques Beauchamp

Du lundi au jeudi de 20 h à 20 h 30
(en rediffusion le samedi à 00 h 30)

Quand Montréal avait son laboratoire secret sur la recherche nucléaire

Tour de l'Université de Montréal.

Le laboratoire nucléaire secret de Montréal se trouvait à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal

Photo : Getty Images / Marc Bruxelle

Aujourd'hui, seule une plaque témoigne de son existence, mais de 1942 à 1946, la Faculté de médecine de l'Université de Montréal a abrité un centre de recherche nucléaire où ont travaillé, en marge du projet Manhattan, quelques-uns des plus brillants esprits de leur temps afin de construire le premier réacteur atomique au Canada. Gilles Sabourin, ingénieur nucléaire, raconte à Jacques Beauchamp comment les Soviétiques ont infiltré l'établissement pour mieux l'espionner.

En 1939, la fission nucléaire est découverte, ce qui déclenche une course à la recherche atomique en France, en Angleterre ainsi qu’aux États-Unis. Le programme anglais, Tube Alloys, est lancé avant le projet Manhattan des Américains, mais les deux initiatives deviennent vite complémentaires.

La Deuxième Guerre mondiale rend toutefois la recherche périlleuse en sol européen. En 1942, l’Angleterre déménage donc son laboratoire au Canada – l’un des principaux producteurs d’uranium – après que le refus des États-Unis de l’accueillir. Montréal est choisie pour son profil industriel, ses deux universités de pointe ainsi que sa contribution soutenue à l’effort de guerre.

Cerveaux top niveau

Hans von Halban, un chercheur français d’origine autrichienne ayant travaillé pour Frédéric Joliot-Curie, est chargé du recrutement. Sont notamment repêchés le physicien tchèque George Placzek, l’Italien Bruno Pontecorvo, de même que d’autres scientifiques européens ayant trouvé refuge aux États-Unis. George Lawrence, un physicien canadien bien connu, se voit confier le recrutement de Canadiens.

La moyenne d’âge, dans le nouveau laboratoire, est de 28 ans.

Même si le laboratoire de Montréal n’avait pas existé, il y aurait quand même eu Hiroshima et Nagasaki.

Gilles Sabourin
Le réacteur ZEEP (Zero Energy Experimental Pile ou réacteur expérimental à énergie nulle).

Le réacteur ZEEP (Zero Energy Experimental Pile) à Chalk River, en Ontario, a été conçu, construit et mis en service en un an grâce aux travaux du laboratoire de Montréal.

Photo : Gouvernement du Canada / Le Conseil national de recherches du Canada

L’établissement a deux missions : séparer, à des fins militaires, le plutonium de la gangue d’uranium où il est produit, et construire un réacteur nucléaire pour produire du plutonium et ainsi que de l’énergie.

Haute tension

La collaboration avec les États-Unis est ardue. L’allié en a contre l’origine étrangère de plusieurs membres des effectifs du laboratoire de Montréal. Puis, une entente conclue au début de la guerre prévoit que tout l’uranium canadien soit exporté aux États-Unis. Il faut un accord secret entre Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt, lors du sommet de Québec en août 1943, pour dénouer l’impasse.

Au cours de cette émission, Gilles Sabourin parle également d’Allan Nun May, un chercheur qui a espionné les activités du laboratoire de Montréal pour le compte de l’Union soviétique.

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